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ANALYSE

Réformons enfin le système!

Le système de prévoyance vieillesse doit subir de profonds changements pour qu'il soit durable. Des mesures peuvent lui permettre de perdurer les 30 à 50 prochaines années.

Même si le système à trois piliers de la prévoyance vieillesse suisse bénéficie, à juste titre, d'une excellente réputation internationale, il n'en est pas moins en danger, tout particulièrement en raison des profonds changements démographiques qui se profilent. Des réformes prises à temps devraient lui permettre de perdurer efficacement dans les 30 à 50 prochaines années.

Tout comme ses voisins à l'étranger, la population suisse a une espérance de vie qui ne cesse d'augmenter.

Deux actifs pour un retraité

Ces profondes modifications démographiques pèsent de plus en plus sur le système de prévoyance vieillesse nationale, dans la mesure où de moins en moins d'actifs doivent prendre en charge de plus en plus de retraités.

Alors que la relation entre les actifs et les retraités était en 1950 de 6:1, le quotient actuel est de 4:1 et, selon les prévisions, il n'y aurait plus que deux actifs pour un retraité en 2040.

La mise en place d'une réforme s'impose donc de toute urgence! Néanmoins, la question est de savoir comment refondre la prévoyance vieillesse de manière à assurer son financement durable dans les 40-50 prochaines années tout en assumant les objectifs sociaux, c'est-à-dire en garantissant la solidarité intra et intergénérations.

Remaniement des trois piliers

Navos propose de remanier l'actuel système à 3 piliers et de l'accompagner d'importantes mesures de politique économique.

Conformément au mandat constitutionnel, le but du 1er pilier est d'assurer les besoins vitaux pour tous au moment de la retraite, ce que l'AVS n'est déjà plus en mesure de garantir actuellement. C'est pourquoi les rentes devront être portées de 24000 à 30000 francs par an. De conception uniforme, elles permettront alors de réduire considérablement les frais administratifs.

L'assurance invalidité AI, dont le déficit énorme est financé par l'AVS, devra être découplée et fonctionner de manière autonome, si nous ne voulons pas que le fonds de compensation de l'AVS soit épuisé dans trois ou quatre ans environ.

Le 2e pilier devra être allégé et ne verser des rentes qu'à partir du revenu annuel soumis au 1er pilier (c'est-à-dire à partir de 24000-30000 francs) jusqu'à concurrence d'un montant maximum de 90000 francs environ, ce qui permettra à chacun de maintenir convenablement son niveau de vie antérieur. L'actuel régime surobligatoire sera déréglementé et transféré dans le 3e pilier.

Selon la fourchette du salaire assuré, il sera également possible de réaliser des économies à ce niveau.

La transparence sera ainsi majeure, dans la mesure où toutes les institutions d'assurance privées et publiques seront soumises aux mêmes règles fondamentales en matière de garantie des prestations et de gestion des risques (solvabilité!).

Plus de liberté de choix

Parallèlement, la liberté de choisir telle ou telle institution sera renforcée au même titre par les entreprises que la liberté de chacun. Les prestataires proposeront aux assurés un choix de produits de placement adaptés à leur capacité de risque.

Au niveau du 3e pilier, il conviendra d'encourager la prévoyance facultative accompagnée d'avantages fiscaux, afin de donner au plus grand nombre possible les moyens de se prendre en charge au moment de la retraite. Pour ce faire, l'Etat devra renoncer à toute directive de placement et ne contrôler que la solvabilité des prestataires. Il devra en être de même pour l'actuel régime surobligatoire qui sera dorénavant intégré au 3e pilier.

De telles réformes exigeant du temps, elles doivent être amorcées le plus rapidement possible et complétées par des mesures d'accompagnement. L'allongement de la durée de cotisation par une avancée de l'entrée dans la vie active par exemple et une flexibilisation de l'âge de la retraite sont inévitables.

Rentabilité financière accrue

Les économies réalisées au niveau des 2e et 3e piliers ainsi que les contributions futures dans le 1er pilier sont étroitement liées à l'évolution de l'économie.

Un système de prévoyance vieillesse durable passe impérativement par une rentabilité financière accrue des épargnes institutionnelles et par une croissance dynamique de l'économie en général.

L'objectif des propositions formulées par Navos est de garantir une prévoyance vieillesse durable pour les 40-50 années à venir. Il ne s'agit pas de démanteler le système en place, mais d'y apporter des réformes en profondeur.

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