Les investisseurs qui osent prendre le contre-pied de la tendance sont décidément des animaux particuliers. La crise de l’euro en fournit une preuve supplémentaire. Andreas Blümke (sur son blog «www.my-structured-products.com»), décrit les efforts qu’il a déployés en août pour émettre au point un certificat à capital garanti sur le franc suisse. Son idée était limpide. La hausse du franc suisse prendra fin un jour, pourquoi ne pas se protéger?

En effet, tandis que la fuite hors de l’euro faisait chuter la monnaie unique à 1,01 contre le franc, l’investisseur dont la monnaie de référence était l’euro et qui avait privilégié les actions suisses n’enregistrait aucune baisse de son portefeuille.

A l’inverse, les investisseurs sur base francs suisses perdaient souvent 20%. La volatilité de l’euro/franc à 30 jours avait grimpé à plus de 20%, contre 10% il y a un an et 4% il y a cinq ans.

L’expert de la VPBank a essayé d’offrir un produit à capital garanti sur l’euro/franc, avec garantie à 95%, à 2 ans, 100% de participation à la baisse du franc contre un panier de monnaies (40% euro, 30% dollar, 20% livre sterling et 10% yen).

Après deux semaines de marketing, le 29 août, déçu de l’absence d’intérêt, mais persuadé de la valeur de son raisonnement, l’émetteur a prolongé la tentative. Sans succès. Nous étions alors le 5 septembre, avec un euro à 1,10 franc. Le lendemain, la BNS annonçait le plancher à 1,20. En un jour, l’investisseur aurait gagné presque 10%.

Il s’avère que d’autres instituts ont tenté de présenter une telle solution structurés à leurs clients. Egalement sans succès. Seule Julius Baer a émis un capital garanti sur l’euro/franc à 94% de garantie.

Pour Andreas Blümke, il est difficile de convaincre l’investisseur en période de forte volatilité.