Le vaste bâtiment sent encore la peinture fraîche et le bois récemment découpé. L'un des ascenseurs est en travaux. En forte croissance, Intercell, le fabricant autrichien de vaccins courtisé par Novartis, emménage dans de nouveaux locaux à Vienne.

L'année où elle est quasiment certaine d'afficher son premier résultat bénéficiaire, l'entreprise occupe des locaux flambant neufs mais ne quitte pas le campus universitaire (Campus Vienna Biocenter) qui l'a vu naître en 1998. «Le niveau de la recherche en biotechnologie est bon en comparaison européenne, même s'il n'atteint pas celui des Etats-Unis», constate Werner Lanthaler, directeur financier d'Intercell, qui emploie 340 personnes.

Novartis impliquée

La société, dont Novartis possède 15,9% du capital-actions et commercialisera son prochain vaccin très attendu contre l'encéphalite japonaise au potentiel commercial de 350 millions d'euros par an, fait figure de chef de file des sociétés innovantes de biotechnologie en Autriche.

Elle entraîne dans son sillage une trentaine de petites entreprises centrées sur les sciences de la vie, dont Affiris, spécialisée dans la recherche de vaccins thérapeutiques contre les affections du système nerveux central, notamment la maladie d'Alzheimer. «Nous faisons beaucoup d'efforts pour attirer des entreprises tournées vers les nouvelles technologies et l'innovation», explique Bruno Kracher, directeur de la promotion économique de la région de Vienne. L'Autriche est en effet avant tout considérée comme un lieu favorable à l'industrie qui génère 31,2% du produit intérieur brut, taux supérieur à celui de l'Allemagne ou du Japon.

L'industrie électronique et automobile occupe une place prépondérante. General Motors ou BMW sont très présents dans un pays où les sous-traitants du secteur automobile emploient 35000 personnes et réalisent un chiffre d'affaires annuel de 32 milliards d'euros. La biotechnologie autrichienne, selon le nombre de projets, se situe au neuvième rang européen dans le classement d'Ernst & Young. La Suisse, même après la vente de Serono, se situe au cinquième rang.

L'Autriche stimule l'innovation par des exemptions fiscales pouvant atteindre 35% des dépenses de recherche et développement et offre des subventions de formation jusqu'à 3000 euros par apprenti. «C'est un bon endroit pour la recherche, mais pas forcément pour la production pharmaceutique», note Werner Lanthaler. Intercell produit des vaccins en Ecosse.