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Les régulateurs britanniques ont-ils caché les pratiques de BSI?

Les régulateurs britanniques auraient été au courant des pratiques d'évasion fiscale de la banque tessinoise BSI environ sept ans avant que les Etats-Unis prouvent son rôle dans une fraude fiscale «massive»

Selon une enquête parue ce matin sur le Financial Times, l'Autorité de régulation des services financiers britanniques connaissait les pratiques de la filiale de la banque tessinoise BSI à Londres. Mais elle n'aurait pris aucune mesure contre la banque suisse qui permettait à de riches clients britanniques de contourner le fisc britannique et de placer leurs argents dans des paradis fiscaux.

Les techniques de BSI ont été révélées dans des documents BSI internes vus par le Financial Times.

Sommet anticorruption

Cette révélation tombe le jour même ou le Premier ministre britannique David Cameron a lui-même annoncé jeudi des mesures inédites pour lutter contre l'afflux d'argent sale dans l'immobilier au Royaume-Uni, au moment d'accueillir un sommet anticorruption à Londres.

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Plusieurs chefs d'Etat, dont les présidents de l'Afghanistan, Ashraf Ghani, et du Nigeria, Muhammadu Buhari, le secrétaire d’État américain John Kerry, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde et le président de la Banque mondiale Jim Yong Kim entre autres devraient signer une déclaration promettant de nouvelles actions.

Amende record

L'an dernier, la BSI avait accepté de payer une amende de 211 millions de dollars aux aux Etats-Unis. Selon les autorités, BSI «a aidé ses clients américains à créer des sociétés et des trusts fictifs, qui ont masqué l’identité des détenteurs américains de comptes. Des clients américains ont aussi ouvert nombre de comptes, cachant leur identité même auprès d’employés de la banque.»

BSI l’a reconnu, affirment les autorités, de même qu’elle a admis avoir aidé des clients à rapatrier leurs avoirs en cash. Pour camoufler les opérations, la banque utilisait un «langage codé» par email, souligne le DoJ, avec des exemples. Ainsi, les clients demandaient à leur banquier de «télécharger quelques musiques» ou leur signifiaient que leur «réservoir se vidait» pour que leurs cartes bancaires soient rechargées. Selon les documents du DoJ, BSI a eu plus de 3000 comptes liés aux Etats-Unis après 2008, dont elle savait que beaucoup n’étaient pas déclarés.

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