protectionnisme

La réindustrialisation, sujet électoral favori aux Etats-Unis et en France

Barack Obama veut faire revenir les sociétés américaines basées en Chine. Nicolas Sarkozy encourage le «produit en France»

En septembre 2010, l’Ohio a interdit à son administration publique de sous-traiter tout service informatique à l’étranger. Objectif: maintenir les emplois au pays. Lors de son discours sur l’état de l’Union prononcé dans la nuit de mardi à mercredi, Barack Obama n’a pas cité cet exemple, mais celui-ci correspond parfaitement à sa ligne de pensée. Il a ainsi annoncé que les entreprises qui maintiendront les emplois au pays seront récompensées. En revanche, celles qui délocaliseront à l’étranger seront frappées de nouveaux impôts.

Le président américain a fait de la réindustrialisation et de la création d’emplois un thème fort de son discours à résonance électorale. En toile de fond, huit millions de places de travail ont été supprimées depuis qu’il occupe la Maison-Blanche. Certes, le secteur privé a créé trois millions de places de travail durant les 22 derniers mois, mais cela reste insuffisant face à un taux de chômage de 8%.

Pour Barack Obama, il n’y a pas de doute que les délocalisations ont vidé les Etats-Unis de leurs entreprises. «Il nous faut maintenant une économie qui repose sur l’activité manufacturière américaine, sur l’énergie américaine, sur des talents américains et sur des valeurs américaines», a-t-il lancé. Il a affirmé que grâce aux mesures ­prises par son gouvernement, l’industrie automobile, qui était donnée pour morte il y a quatre ans, est redevenue dynamique, avec 160 000 nouveaux emplois à la clé.

Dans le viseur du président Obama, la Chine, où se sont installées de nombreuses entreprises américaines. Désormais, il veut les inciter à revenir au pays. «Je viens de rencontrer le patron de Master Lock qui m’a affirmé qu’il est de nouveau profitable de produire aux Etats-Unis», a déclaré le président américain.

Barack Obama a tenu la Chine pour responsable de la destruction des emplois aux Etats-Unis, notamment en produisant des contrefaçons de produits américains et en subventionnant illégalement ses entreprises. «Nous venons de créer plus d’un millier de places de travail en arrêtant l’importation de pneus chinois, a-t-il déclaré. Nous devons poursuivre sur cette voie.» Du coup, le président américain a annoncé la création d’une unité spéciale au sein du Département du commerce «pour lutter contre les pratiques commerciales déloyales par des pays comme la Chine». Mit Romney, adversaire potentiel de Barack Obama à la présidentielle de novembre, a promis qu’il condamnerait, s’il était élu, la Chine «manipulatrice de sa monnaie», ce qui ouvrirait la voie à des sanctions.

Les Etats-Unis ne sont pas le seul pays qui, frappé par un chômage élevé et en année électorale, parle de réindustrialisation. En France, le président Nicolas Sarkozy mais aussi d’autres hommes politiques évoquent la «préférence nationale» et en font un thème de campagne.

Du côté chinois, les autorités ont déjà noté une escalade de reproches. «La tentation d’utiliser la Chine comme bouc émissaire pour expliquer leurs problèmes sera forte», vient d’écrire le China Daily.

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