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La société d’Aigle Reitzel ne produisait, jusqu’à présent, que 10 à 12% de ses cornichons en Suisse. Malgré le franc fort, elle entend continuer à jouer la carte du «swiss made» avec sa production du Chablais.

Agroalimentaire

Reitzel perd 13,6% de son chiffre d’affaires

Le producteur de pickles, moutarde ou plats cuisinés a présenté mardi des résultats annuels marqués par les taux de change défavorables et la concurrence étrangère.

«Il n’y a pas que les exportateurs qui souffrent du taux de change», c’est le message qu’a transmis mardi Reitzel lors de la présentation de ses résultats 2015. La société aiglonne – qui vend des cornichons, de la moutarde ou des plats cuisinés – a essuyé une chute de 13,6% de son chiffre d’affaires à 111,736 millions de francs. En cause: l’appréciation du franc suite à l’abandon du taux plancher en janvier 2015. Calculé en euro, le recul du chiffre d’affaires s’est limité 1,6%.

Pour la société, fondée à Aigle en 1909 et comptant 111 employés (653 sur l’ensemble du groupe), pas question pourtant de délocaliser son usine vaudoise. Le producteur de cucurbitacées dépense quelque 18 millions de francs en salaires dans la région et un à deux millions en investissements. «Nous sommes la dernière conserverie au vinaigre de Suisse, rappelle son administrateur délégué Bernard Poupon. Mais nous ne luttons pas à armes égales. Sans rien faire, les produits concurrents sont devenus 20% moins chers.» Reitzel, qui importe quelque 70% de ses cornichons de pays d’Europe de l’Est ou d’Allemagne, a pu limiter le recul des ventes en répercutant les économies effectuées sur ces matières premières tarifées en euros, soit un rabais de 6 à 7% du prix total.

Pas de produits visibles

Mais pour Bernard Poupon, les produits suisses restent victimes du tourisme d’achat, «pas uniquement des consommateurs mais aussi des grands distributeurs». Pour la société vaudoise, qui a réalisé une étude dans un échantillon de grandes enseignes, 62% des rayons sont occupés par des pickles importés. Un taux qui monte à 80% si l’on exclut la Migros. Autre problème: la visibilité des produits. «A la Coop d’Aigle, aucun de nos produits n’était en vue. La surface ne se situe qu’à 150 mètres de notre usine mais le référencement est centralisé à Bâle», explique le patron de Reitzel qui a finalement obtenu une meilleure disposition pour les Coop romandes.

Malgré le franc fort, l’entreprise vaudoise veut continuer à jouer la carte du «swiss made». Lancée cet été, sa production de cornichons du Chablais a atteint 310 tonnes. Pour Philippe Michiels, directeur de la filiale suisse de Reitzel, les résultats sont encourageants: «Nous sommes déjà en rupture de stock. La difficulté sera à présent de trouver d’autres agriculteurs prêts à se lancer dans la culture, très manuelle, de cornichons.» Jusqu’à présent, seul 11% de la production provenait de Suisse, contre 14% aujourd’hui.

Une PME plus internationale

Reitzel génère 38% de son chiffre d’affaires en Suisse, contre 49% en France et 13% à l’international. Ce dernier marché a subi une contraction de 28,2% de ses recettes calculées en francs (18,2%, en euros), principalement en raison de l’effondrement du marché russe suite à la dépréciation du rouble. La direction du groupe vaudois espère pourtant conquérir de nouveaux marchés sur le continent asiatique. C’est en Inde, où Reitzel investira 4 millions de francs suisses pour construire un nouveau centre de production, que les ventes de pickles devraient le plus progresser avec le développement de la consommation, poussée par les chaînes de fast-food.

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