Depuis que François Hollande l’a replacé au centre du débat, le soutien à la croissance fait quasiment l’unanimité. Aujourd’hui, tout le monde s’accorde à dire que sans relance de l’économie, aucune sortie de crise n’est possible. Surtout pour la zone euro qui, si l’on en croit le consensus, sera la seule région du monde à connaître la récession en 2012 (– 0,4%).

Roger Keller, responsable du conseil en placement au sein de BNP Paribas Wealth Management (Suisse), ne déroge pas à cette règle. «Il est évident que l’austérité doit être accompagnée de mesures en faveur de la croissance, a-t-il expliqué mardi en marge d’une présentation sur les perspectives économiques. Mais ce qu’il faut par-dessus tout, c’est libéraliser le marché du travail et celui des biens et des services.» Et de citer en exemple les réformes entreprises par Gerhard Schröder au début des années 2000 et celles menées actuellement par Mario Monti en Italie pour, notamment, faciliter les conditions de licenciement.

Des concessions nécessaires

«En France, poursuit Roger Keller, il n’est pour l’instant pas question de réformer ce marché. Au contraire, François Hollande souhaite augmenter le salaire minimum alors que d’autres pays le réduisent.» Selon l’analyste, le futur président sera toutefois obligé de faire des concessions sur la flexibilité du marché du travail. Notamment face à Angela Merkel.

Roger Keller observe également la nécessité de mettre en place des projets d’infrastructures et de formation pour relancer la croissance en zone euro. Une fois que des accords auront été trouvés ­entre le couple franco-allemand, Roger Keller ne doute pas un instant de la capacité de l’Europe à rebondir.