Il ne reste que quelques parenthèses à ôter, quelques chiffres à préciser. Sinon, l’essentiel du communiqué que publieront ce jeudi 2 avril, à Londres, les pays du G20 semble déjà écrit. Selon le «Financial Times», qui a publié dimanche soir un document préparatoire, le texte ne devrait plus guère changer.

Les parenthèses portent pourtant sur LE chiffre qui fâche: le montant de la relance budgétaire cette année, et son effet attendu sur la croissance mondiale (+2% espérés) et l’emploi (20 millions de places de travail créées). Vendredi dernier, la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré vouloir rappeler au G20 que les milliards d’argent public déversés dans l’économie pourraient créer une relance instable. Peu avant, le président tchèque de l’Union européenne avant jugé que les dépenses engagées par les Etats-Unis risquaient de conduire «à l’enfer».

Dans un entretien accordé au FT lundi, le président Obama calme le jeu et appelle à l’unité. «Nous voulons seulement nous assurer que tout le monde fait quelque chose», plaide-t-il, reconnaissant que chaque pays a «ses propres rythmes politiques».

Côté commerce, le projet de communiqué reprend des formules déjà utilisées en novembre lors de la réunion du G20 à Washington. Un appel à «résister au protectionnisme» est de nouveau lancé. La Banque mondiale a pourtant relevé plusieurs dizaines de mesures protectionnistes prises par ces mêmes pays ces derniers mois.

De son côté, le Fonds monétaire international disposera de nouvelles ressources, mais leur montant reste indéterminé. De même un cadre de prêt géré par le G20 sera créé pour soutenir le marché du crédit, mais sans qu’une somme ne soit indiquée.

Le G20 souhaite encore confier un mandat plus large au Forum de la stabilité financière (FSF), auquel participe déjà la Suisse. Le FSF s’ouvrira à plus de pays et devra définir une nouvelle régulation de la finance. Le FMI devra quant à lui mettre en œuvre son système de vote, actuellement en nette défaveur des pays émergents, pour janvier 2011.

Enfin, la Suisse n’est pas mentionnée dans le communiqué. Son nom pourrait apparaître dans la liste publiée jeudi des juridictions «qui ne remplissent pas les normes internationales d’échange d’informations fiscales», selon comment les pays du G20 apprécient les engagements récents de Berne en la matière.

Les pays du G20 ont déjà convenu de se retrouver «avant la fin de l’année», à une date encore à déterminer.