La décision de la Banque du Japon (BoJ) de relever ses taux d'intérêt pour la première fois depuis dix ans a été différemment appréciée par la presse et les experts dimanche mais la plupart estiment que son impact sera limité sur la reprise de la deuxième économie mondiale. Les économistes n'attendent pas de réaction forte de la Bourse de Tokyo, qui a clôturé vendredi avant que la BoJ n'annonce un relèvement à environ 0,25% du taux de l'argent au jour le jour, qui était proche du zéro absolu depuis dix-huit mois.

«L'abandon du taux zéro pourrait entraîner un modeste mouvement de retrait à l'ouverture du marché lundi», a estimé Kazue Mayuzumi, économiste chez Nikko Securities. «Mais l'indice va rapidement être soutenu, en milieu de semaine, par les perspectives solides de l'économie nippone», a-t-il ajouté. De plus, font remarquer les analystes, la décision de la BoJ avait été anticipée en fin de semaine par les marchés, son gouverneur Masaru Hayami ayant laissé entendre que l'institut d'émission avait décidé de résister aux pressions du gouvernement qui se prononçait en faveur d'un maintien des taux.

L'indice Nikkei a ainsi gagné 450,14 points, soit 2,9%, la semaine dernière, à 16 117,50. Quant au yen, il n'a guère réagi sur les marchés des changes à la décision du Conseil de politique monétaire de la BoJ. La presse nippone a cependant mis à la une dimanche l'avertissement lancé par le Fond monétaire international (FMI) qui, dans un rapport rédigé avant la réunion de la BoJ mais publié après, a jugé prématurée une hausse des taux, susceptible de faire retourner l'économie dans une phase de récession.

Pour d'autres, ce changement de politique économique est une bonne chose. «Nous accueillons favorablement sa décision. Il s'agit du premier pas visant à ramener notre économie à la normale», s'est félicité samedi le quotidien Mainichi. Pour Richard Jerram, économiste à ING Baring, «les inquiétudes ne sont vraiment pas fondées»: «une hausse marginale des taux d'intérêt ne représente pas une menace pour la reprise et ne devrait pas entraîner un bond des faillites». Selon lui, le taux moyen des prêts à court terme accordé aux entreprises a été de 1,66% en juin et devrait progresser à 1,90% après le geste de la BoJ. Mais, avec un bond de 40% des bénéfices des sociétés durant les six mois clos en mars, cette hausse ne devrait guère se faire sentir.