Le Grexit, c’est-à-dire la sortie de la Grèce de la zone euro, a été évité en juillet 2015. Après l’échec de deux premiers plans de sauvetage, un troisième pour sauver le pays de la faillite avait alors été négocié par l’Eurogroupe, les ministres des Finances de la zone euro. Ce plan prévoyait aussi une remise partielle de la dette, histoire d’alléger le fardeau pesant sur le pays. Les négociations pour une telle mesure peuvent reprendre le mois prochain. Elles avaient été suspendues le 14 décembre dernier par le Mécanisme européen de stabilité (MES), principal créancier de la Grèce, à la suite de l’annonce d’une série de mesures sociales faite sans consultation avec l’Eurogroupe.

C’est le président de l’Eurogroupe, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, qui a annoncé que les négociateurs pouvaient revenir à la table. «Heureux de pouvoir dire que nous ouvrons la voie à la mise en œuvre des mesures destinées à alléger la dette grecque, a-t-il twitté samedi. J’ai reçu une lettre dans laquelle mon collègue grec confirme son engagement aux accords.» La principale mesure qui avait suscité l’ire des créanciers est une prime de Noël versée aux retraités grecs les plus modestes. Quelque 1,6 million d’entre eux ont reçu entre 300 et 800 euros chacun. Coût total: 617 millions d’euros.

Une dette s’élevant à 160% du PIB

L’Eurogroupe n’avait pas non plus supporté la décision du gouvernement grec de suspendre une hausse programmée de la TVA, de 17% à 24%, dans les îles de la mer Egée. Athènes met en avant le fait que celles-ci sont financièrement écrasées par les coûts liés à l’accueil d’un grand nombre de réfugiés. L’augmentation devait entrer en vigueur dès le 1er janvier 2017. Le report représente un manque à gagner de 50 millions d’euros par an.

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L’entente étant retrouvée entre Athènes et l’Eurogroupe, les négociations pour un programme de désendettement auront lieu à mi-janvier. Il serait question essentiellement de prolonger la période de maturité des prêts à taux d’intérêt réduit jusqu’à 2060. D’autres mesures pour un allégement structurel de la dette seront envisagées plus tard en 2017, après les élections législatives en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. La dette grecque s’élève actuellement à environ 200 milliards d’euros, soit 160% du produit intérieur brut (PIB) du pays, contre une moyenne de 90% dans la zone euro.

L’Allemagne intransigeante

Le début des négociations ne garantit toutefois pas un succès. La Grèce a certes signé le plan de sauvetage à l’été 2015 qui prévoit une aide de 65 milliards d’euros en échange de réformes structurelles. Athènes ne cesse cependant de contester leur dureté, plus particulièrement pour les couches les plus défavorisées de la population. En revanche, de nombreux pays, plus particulièrement l’Allemagne, le premier bailleur de fonds du MES, insistent sur une stricte discipline.

Le point de vue d’Athènes reçoit un écho favorable auprès de la Commission européenne et surtout du Fonds monétaire international (FMI), qui est partie prenante de tous les accords de sauvetage. Autrefois partisan des programmes d’austérité sans concession, le gendarme de l’économie mondiale plaide désormais pour accorder une marge de manœuvre aux pays en redressement. Il a conditionné sa propre participation à l’aide à la Grèce à un programme de remise de la dette.