A l’exception d’un bref rebond ce printemps, les prix du pétrole n’ont cessé de chuter en 2015. Le seuil des 40 dollars le baril ayant été cassé en décembre, nombre d’experts anticipent qu’il en ira de même pour celui des 30 dollars. Lundi, le prix du pétrole vénézuélien est passé sous la barre des 30 dollars le baril. En début de semaine, le Fonds monétaire international (FMI) a à son tour renforcé le camp des baissiers, estimant que le cours du brut pourrait encore chuter de 5 à 10 dollars par rapport à son cours actuel si l’Iran augmente sa production suite à la levée des sanctions internationales qui existaient à son encontre. Dans un tel scénario, le cours du brut pourrait chuter jusqu’aux environs de 20 dollars.

Le schiste, arbitre du marché

Pourtant, les prix du pétrole commencent à montrer des signes de stabilisation. Mardi soir, le cours du baril de Brent évoluait en légère hausse aux environs de 36.50 dollars le baril. Après la chute continuelle observée récemment, plusieurs experts anticipent une phase de stabilisation à moyen terme des prix du pétrole. A la mi-décembre, le consensus des analystes sondés par Thomson Reuters anticipait une remontée du cours du baril de Brent à 45 dollars à trois mois, puis à 60 dollars sur douze mois.

Dans ses récentes prévisions pour 2016, Lombard Odier admettait que les «risques restent orientés à la baisse plutôt qu’à la hausse» pour l’instant. Compte tenu de l’absence d’accord au sein des pays membres de l’OPEP au sujet de la production iranienne – la prochaine réunion à ce sujet ayant été reportée à juin –, le climat d’incertitude continuera de prévaloir. Ensuite, une inversion de tendance est attendue: «A moyen terme, nous maintenons notre scénario d’une réduction graduelle de l’excès d’offre ainsi que d’un prix d’équilibre déterminé par les coûts marginaux de l’industrie du schiste aux Etats-Unis», indique la banque genevoise qui prévoit un cours du pétrole à 55 dollars le baril à fin 2016.

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Le principal facteur qui influencera le marché sera la production de pétrole de schiste aux Etats-Unis, poursuit Lombard Odier. Dans l’immédiat, le niveau élevé des stocks empêche certes une remontée des cours. Mais, ensuite, «plus les prix du pétrole resteront à un faible niveau, plus les réductions de la production seront importantes», souligne la banque. «Le marché physique pourrait être confronté à une pénurie plus vite que ce qui est anticipé, ce qui pourrait entraîner un rebond des prix plus fort que prévu», conclut-elle.

Rebond au second semestre

Bank of America Merrill Lynch (BoAML) évoque un scénario similaire pour le cours du brut. Selon elle, «l’évolution récente des prix n’est pas entièrement surprenante compte tenu de la volonté de la Chine de rééquilibrer son économie, du resserrement des taux annoncé par la Fed et de l’offre supplémentaire venant de l’Iran. Tout cela va dans le sens de prix plus bas en fin d’année et durant le premier semestre 2016, observe la banque américaine. Malgré les risques d’une aggravation de la «guerre des prix» à laquelle se livrent les pays de l’OPEP, les stratèges de l’institut anticipent un cours moyen pour le baril de Brent situé 53.50 dollars au second semestre 2016, contre 46.50 dollars en première moitié d’année.

Sur douze mois, UBS prévoit un cours du baril situé à 60 dollars pour le WTI et à 63 dollars pour le Brent. Dans ses «prévisions chocs» pour 2016, la banque Saxo anticipe, elle, même un cours remontant à… 100 dollars le baril l’an prochain suite à une diminution de la production des pays de l’OPEP qui prendra le marché au dépourvu.