La course à la succession de Christine Lagarde à la tête du Fonds monétaire international (FMI) est ouverte. Celle-ci, dès sa nomination à la tête de la Banque centrale européenne (BCE), confirmée mardi au Sommet européen, s’est retirée de ses fonctions.

David Lipton, premier vice-directeur, assume l’intérim. Mais il ne pourra pas remplacer Christine Lagarde. Son handicap: sa nationalité américaine. Car selon un vieil arrangement entre Américains et Européens, la fonction de directeur du FMI revient à un ressortissant européen et celle de directeur de la Banque mondiale, l’autre institution de Bretton Woods, à un Américain. Le gouverneur de la Banque de Finlande Olli Rehn, qui était pressenti pour remplacer Mario Draghi à la BCE, apparaît désormais comme un candidat sérieux.

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C’est ainsi que la Française Christine Lagarde avait été propulsée au premier plan pour succéder à son compatriote Dominique Strauss-Kahn en 2011, embourbé dans une affaire de mœurs. De la même façon, l’Américain David Malpass a remplacé en avril son compatriote Jim Yong Kim, qui avait jeté l’éponge en janvier.

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Veto américain

Quelques tentatives ont été faites ces dernières années pour ouvrir la course à la succession à tous les candidats selon leurs mérites et indépendamment de leur nationalité. Aucun Etat ne s’oppose à ce principe, mais à chaque fois, Américains et Européens qui constituent le plus grand bloc de vote, ont fini par imposer leur candidat au FMI ou à la Banque mondiale.

Cette coalition est d’autant plus difficile à déboulonner que les Etats-Unis, avec 16% des droits de vote, détiennent un «droit de veto» au FMI. Toute décision doit obtenir l’aval d’au moins 85% des droits de vote.

Forts de cette supériorité, les Américains, mais aussi les Européens, ne montrent aucun empressement à modifier les rapports de force au FMI ou à la Banque mondiale. Au fil des années, la Chine a réussi à augmenter sa quote-part dans le capital de deux organisations. Mais elle n’est que le deuxième actionnaire avec 6,09% du capital du FMI.