Daimler achètera 3,1% de Nissan et 3,1% de Renault. De leur côté, Renault et Nissan entreront dans le capital de Daimler à hauteur de 1,55% chacun, ont annoncé mercredi les trois groupes. Sur le plan industriel, l’élement majeur de l’accord est la mise en place d’une «architecture commune pour les petits véhicules». Un segment du marché que le constructeur allemand cherche par tous les moyens à rentabiliser. Les patrons des deux partenaires, Carlos Ghosn pour l’Alliance Renault-Nissan, et Dieter Zetsche pour Daimler, ont signé mercredi le partenariat à Bruxelles.

Cette coopération est «stratégique et pour le long terme», ont assuré MM. Zetsche et Ghosn devant la presse, mais sans «perte d’identité ou perte d’autonomie» de chacun des constructeurs et de leurs marques. Première application concrète: les nouvelles versions de la Smart – en deux places et quatre places – et de la Twingo, qui verront le jour à partir de 2013, seront conçues sur une plate-forme élaborée en commun. L’usine Daimler de Hambach (France) fabriquera les versions biplaces des futurs modèles alors que les versions à quatre places seront produites dans l’usine Renault de Novo Mesto (Slovénie).

Echanges de savoir-faire

Les deux modèles seront aussi fabriqués en versions électriques, un domaine dans lequel Nissan et Renault sont particulièrement en avance. Les moteurs utilisés par les versions essence et diesel seront développés en commun, à partir de modèles Renault-Nissan. Par ailleurs, Daimler fournira des moteurs Mercedes pour les voitures de luxe Infiniti de Nissan. Enfin, l’accord prévoit des collaborations dans le domaine des véhicules utilitaires légers. Daimler lancera ainsi en 2012 une camionnette d’entrée de gamme basée sur un modèle Renault, et qui sera produite dans l’usine de ce dernier à Maubeuge (France). Nissan-Renault fourniront également des moteurs diesel pour la camionnette Vito de Mercedes.

Un gain attendu de 4 milliards d’euros

Renault-Nissan d’une part et Daimler d’autre part comptent dégager chacun un gain de l’ordre de 2 milliards d’euros de synergies sur cinq ans grâce à leur alliance, ont indiqué mercredi leurs responsables. M. Ghosn a souligné que les trois constructeurs avaient «beaucoup de complémentarités», les doublons dans leurs activités restant «mineurs». Il a d’autre part estimé que le partenariat allait avoir un impact positif sur l’emploi en France, en estimant les besoins à court terme à 1.000 personnes sur les sites de Maubeuge, Cléon et Guyancourt.

Renault et Nissan sont partenaires depuis 1999. Le constructeur français possède 44% de son homologue japonais, lequel contrôle 15% de Renault. Spécialiste des camions et des berlines haut de gamme, Daimler a pour sa part vendu 1,6 million de véhicules en 2009. Il a connu trois mariages malheureux avant son alliance avec Renault-Nissan, avec l’américain Chrysler, avec le sud-coréen Hyundai et avec le japonais Mitsubishi Motors. L’Etat français, premier actionnaire de Renault avec plus de 15% de participation, a précisé mercredi qu’il va acquérir 0,55% de capital supplémentaire du constructeur français dans le cadre de son alliance avec Daimler.