Coïncidence. Au moment même où Carlos Ghosn, directeur de l’alliance Renault-Nissan, affichait mardi les ambitions de son groupe sur le marché de la voiture électrique, Tesla annonçait le rachat d’une société d’ingénierie allemande pour accroître sa production. Si le constructeur américain est le plus médiatisé dans le domaine des berlines électriques, Renault-Nissan est le numéro un mondial du secteur, a tenu à affirmer Carlos Ghosn, lors du Web Summit de Lisbonne. Et il compte bien le rester.

Via ses Renault Zoé et Nissan Leaf, le groupe a vendu plus de 360 000 voitures électriques depuis 2010. En face, Tesla espère dépasser les 80 000 unités vendues en 2016. «La Nissan Leaf est la voiture électrique la plus vendue au monde et nous sommes très bien positionnés, notamment en Chine, a affirmé Carlos Ghosn. Il y a cinq ans, le marché chinois n’existait pas. Aujourd’hui, il représente un tiers des ventes de voitures électriques». Et Renault-Nissan veut en profiter. «D’ici quelques années, nous voulons y vendre des voitures à moins de 8000 dollars, a poursuivi Carlos Ghosn. Nous atteignons aujourd’hui déjà ce prix, mais en comptant les aides d’Etat».

Voitures autonomes

Le directeur de Renault-Nissan affirme ne pas craindre de nouveaux concurrents. «Nous avons commencé à développer nos propres batteries. Puis, comme de nombreuses sociétés en ont commercialisé, nous nous sommes concentrés sur d’autres composants essentiels de la voiture électrique. Nous sommes ouverts à des partenariats avec Google, la NASA ou des start-up, mais nous gardons toute notre raison d’être comme constructeurs».

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Pour Carlos Ghosn, Uber et les sociétés de partage de véhicules ne sont pas une menace. «L’année prochaine, il se vendra 92 à 93 millions de voitures dans le monde, dont seule une partie infime sera partagée. La majorité des conducteurs veut son propre véhicule». L’homme croit par ailleurs à la voiture autonome. «Aujourd’hui déjà, 60% des acquéreurs d’un minivan de Nissan, au Japon, acceptent de payer 1000 dollars de plus pour une assistance à la conduite. D’ici 2020, la voiture autonome sera une réalité».

Recharges payantes

En face, Tesla a donc annoncé mardi le rachat, pour un montant non communiqué, de la société d’ingénierie allemande Grohmann et de ses 700 employés. Ils doivent aider la société dirigée par Elon Musk à accroître la production, comme espéré, à 500 000 modèles par an d’ici 2018. Pour l’heure, Tesla ne possède qu’une usine, en Californie, et pourrait en établir une deuxième en Allemagne. La société n’a pas été précise à ce sujet mardi.

En parallèle, Tesla a annoncé que les clients qui acquièrent l’une de ses voitures dès le 1er janvier 2017 devront payer pour utiliser ses superchargeurs, capables de remplir la batterie en 30 minutes. Il en existe 735 dans le monde, dont dix en Suisse. Tesla n’a pas indiqué le prix des futures recharges, en expliquant seulement que le tarif serait inférieur à celui d’un plein d’essence.

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