Automobile

Renault-Nissan, un écueil français

ANALYSE. La prudence de l’Etat français, actionnaire du constructeur français, dans les négociations avec Fiat-Chrysler s’explique largement par l’imbroglio actuel entre Renault et son allié Nissan

Ne pas faire perdre la face aux Japonais. Ne pas risquer, surtout, que le futur géant automobile Fiat Chrysler-Renault-Nissan ne devienne une embuscade industrielle, source d’interminables et coûteux conflits internes. Pour ces deux raisons au moins, le gouvernement français ne pouvait pas se plier de suite au calendrier proposé par le constructeur automobile italo-américain. Et ce, d’autant plus que sur un autre dossier, celui du rachat d’Alstom Energie par General Electric conclu en 2014, les garanties d’emploi et d’investissement alors offertes par la multinationale américaine ont, depuis, volé en éclats.

Le cas de l’alliance Renault-Nissan, aujourd’hui fragilisée par les poursuites judiciaires engagées au Japon contre l’ex-patron de l’Alliance Carlos Ghosn – pour «détournements de fonds» et «abus de confiance» –, imposait d’abord à l’Etat français, actionnaire à 15% de Renault, de savoir si la partie nipponne accepterait de jouer le jeu de ce grand Lego industriel.