Rencontres savoyardes pour chercheurs d’emploi et patrons

Chômage Six villes de Haute-Savoie organisent des rencontres emploi

Plus de 5000 postes sont mis sur le marché

La Haute-Savoie recense en ce mois d’octobre quelque 34 500 demandeurs d’emploi. Si son taux de chômage (7,2%) demeure nettement inférieur à la moyenne nationale (9,7%), il ne réjouit pas le préfet Georges-François Leclerc, pour qui «c’est là une bien maigre consolation». «34 500, c’est autant que le nombre d’habitants de Thonon ou d’Annemasse, indique-t-il. C’est intolérable, dans la mesure où la Haute-Savoie est un département qui a un marché du travail très actif avec beaucoup d’entrées et de sorties, dont la balance ­commerciale est excédentaire.» Georges-François Leclerc a présenté le 30 septembre dernier, dans les salons de sa préfecture à Annecy, un plan de lutte contre le chômage intitulé «1 semaine pour 1 emploi». Créée dès 2005 à l’initiative de Pôle emploi Rhône-Alpes, cette manifestation, qui en est à sa 10e édition, se déroulera du 14 au 17 octobre dans six villes (Annecy, Annemasse, Chamonix, Morzine, Saint-Julien-en-Genevois, Thyez). «Le but est de mettre en contact direct les recruteurs et les demandeurs d’emploi dans le cadre d’un événement de proximité, à taille humaine, qui permet les rencontres», explique Lucyane Bécart, directrice de Pôle emploi Haute-Savoie. En 2013, 13 000 personnes ont visité les forums, 90% des 2500 postes à pourvoir durant les quatre jours ont trouvé preneur. En moyenne, une entreprise a recruté une personne en direct ou à l’issue de la manifestation et a proposé à cinq candidats des rendez-vous ultérieurs. Les secteurs les plus représentés étaient l’industrie et les services à la personne (9,9%), la grande distribution et le commerce (9,4%), l’hôtellerie-restauration et le transport logistique (8,9%). Cette année, 5000 postes seront mis sur le marché et 465 entreprises à la recherche de compétences ont fait savoir qu’elles feront le déplacement. «34 500 personnes inscrites à Pôle emploi et 5000 offres d’emploi non satisfaites, nous reconnaissons qu’il y a un problème, commente Lucyane Bécart. Il faut avoir en tête le fait que si 60% des demandeurs d’emploi trouvent un travail naturellement par leurs propres recherches, 40% ont besoin d’aide et d’une action pour les mettre en lien avec une entreprise. Il y a des craintes de ne pas faire l’affaire, des pertes de confiance suite à des échecs successifs. Nous tentons de remettre en selle ces personnes en les faisant rencontrer un employeur difficile à joindre par un autre biais.»

Cent quarante conseillers Pôle emploi sont mobilisés pour préparer les candidats avec, à titre d’exemple, des ateliers préparatoires aux entretiens (5 minutes pour convaincre, rédaction d’un CV ou d’une lettre de motivation, faire valoir son parcours et ses compétences…). Ils incitent aussi le chercheur d’emploi à se rendre à l’événement le plus adapté à son profil. Les six villes accueillent des forums à thème selon leur situation géographique ou spécificité économique (hôtellerie-restauration-tourisme à Morzine et Chamonix, industrie à Thiez dans la vallée de l’Arve, biotechnologie-informatique-économie verte à Saint-Julien, etc.). Jean-Marie ­Lemaux, directeur de la start-up 808 francs, une agence web d’Annecy, a recruté l’an passé cinq personnes, dont deux approchant la soixantaine. «Nous recherchions exactement ce profil d’employé qui rassure la clientèle. L’âge, pour ces demandeurs d’emploi, est vécu comme un handicap; chez nous, il est un atout. «1 semaine pour 1 emploi» a provoqué la rencontre.» La Société intercommunale des bus de la région annécienne (Sibra) éprouve de son côté toutes les peines à recruter des chauffeurs. «Jadis, les gens décrochaient le permis durant le service militaire, sa suppression a réduit le nombre de personnes qualifiées. Durant les rencontres, nous faisons comprendre le métier et privilégions le recrutement local car la profession exige une connaissance du territoire. Nous offrons une qualification; en échange, la personne conduit nos bus durant une période déterminée», explique Christophe Babé, directeur de la Sibra. Soixante candidats ont été auditionnés en 2013, trois ont achevé le cursus. «Cela mérite vraiment le déplacement», estime le responsable.

Pôle emploi Haute-Savoie relativise pourtant la réelle portée de ces bourses à l’emploi. Lucyane ­Bécart indique: «Nous allons sans doute placer 5000 chômeurs, mais, fin octobre, mois traditionnellement mauvais pour le marché du travail, 8000 nouvelles personnes devraient rejoindre nos listes. Il reste que les forums instaurent une dynamique entraînante parce qu’ils fédèrent tous les acteurs de l’emploi.»

«Nous allons placer 5000 chômeurs, mais, fin octobre, 8000 nouvelles personnes devraient rejoindre nos listes chômage»