Les obligations à haut rendement devraient attirer les investisseurs orientés sur le long terme, selon Grégoire Pesquès, responsable de la gestion crédit auprès de Société Générale Asset Management. Le taux de rendement dépasse les 20%. Les obligations cotent en dessous de 60% du nominal, un niveau très rarement atteint. Même en 2001 et 2002, de tels cours n'avaient pas été atteints. Pendant la crise de 1990 aux Etats Unis, les cours étaient tous aussi bas.

Le surcroît de rendement des obligations «high yield» par rapport aux titres d'Etat - un critère majeur de l'allocation des actifs -, est aussi à un niveau historique record. Le ratio est supérieur à 6 fois. Un record. C'est d'autant plus intéressant qu'en 2001-2002 ce marché était plus risqué, avec des ratings principalement CCC ou B contre BB et B aujourd'hui.

Enfin, la diversification du marché est meilleure, selon Grégoire Pesquès. En 2001, les deux tiers du marché étaient centrés dans le câble, les opérateurs télécoms de boucles locales ou de longue distance.

Le marché broie du noir et anticipe une forte augmentation des défauts. «C'est tout à fait normal dans un contexte qui précède une contraction de l'économie», selon le gérant. Ce taux va fortement augmenter. L'utilisation d'une mesure implicite indique que le marché anticipe déjà un taux de défaut de 25% à 30%. Pourtant, lors d'une récession ces taux oscillent autour de 15%. Le marché anticipe une correction extrêmement forte. «Cette mesure est un peu biaisée», selon Grégoire Pesquès.

Les spreads dépassent 1500 points de base. Ce surcroît de rendement ne rémunère pas seulement le risque de crédit, mais le risque de liquidité, selon SGAM, qui analyse la base par rapport au marché du CDS. Les obligations «high yield» et les leveraged loans ont subi une forte vague de ventes de la part des hedge funds, des banques et des fonds. Ce véritable massacre se traduit en septembre par une chute des prix de 10% sur ces obligations. Et à la mi-octobre encore autant. Depuis le début de l'année, le recul atteint 28%.

L'investisseur doit donc être conscient de prendre autant un risque de crédit que de liquidité. Le fonds géré par Grégoire Pesquès et Marina Cohen cherche donc à intégrer ces deux problématiques dans le choix des titres. D'une part des titres de sociétés capables de générer du cash-flow dans un environnement difficile et capables de rembourser leur dette. D'autre part des titres limitent le problème de liquidité de l'obligation. Il s'agit ici de savoir si l'entreprise est présente dans les dérivés de crédit ou s'il existe plusieurs teneurs de marché. Le gérant aime bien les entreprises du secteur des TMT, notamment des opérateurs de câble en Allemagne, des opérateurs télécoms comme Eircom, ainsi que Virgin Media et UP.