Les ministres des Finances des pays de la zone euro, rejoints ensuite par leurs autres collègues européens, tenteront dimanche à Bruxelles de trouver une issue aux discussions houleuses sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance, dont le but est de limiter les déficits publics des Etats de l'euro à 3% de leur PIB et leur dette publique à 60% de ce même PIB.

Quel que soit le résultat de cette rencontre «extraordinaire», il est probable que les chefs d'Etat et de gouvernement, qui se réunissent dans la capitale européenne en sommet mardi et mercredi prochains, souhaiteront aussi traiter de ce dossier, devenu au fil des discussions de plus en plus politique.

Jean-Claude Juncker, chef du gouvernement luxembourgeois qui dirigera les travaux en sa qualité de président semestriel de l'Union, n'a pas caché sa préférence pour que la solution soit laissée aux seuls responsables des Finances. Mais le président français Jacques Chirac et le chancelier allemand Gerhard Schröder se sont déjà invités dans le dossier. Ils ont multiplié les déclarations, en insistant notamment pour une interprétation plus «politique» que technique de la règle budgétaire européenne. Le représentant bruxellois d'un grand pays confie d'ailleurs qu'il serait «étonné» si les discussions s'achevaient dimanche.

Les débats finaux devraient porter en théorie sur deux points encore ouverts, même si, comme le souligne un diplomate européen, «rien n'est jamais acquis, avant que tout soit acquis». Si les limites de 3% et de 60% resteront gravées dans le marbre, une nouvelle souplesse est de mise sur les délais que les Etats se verront impartis pour équilibrer leurs finances. On a aussi convenu de faire des réserves en cas de haute conjoncture et de tenir compte d'une croissance molle.

Restent deux questions. D'abord l'étendue du pouvoir de la Commission européenne, censée jouer les gendarmes budgétaires (avertissements, recommandations, puis sanctions) face aux Etats qui dépassent les 3%. Ensuite celle des circonstances atténuantes que pourraient invoquer les Etats pour obtenir le droit à l'indulgence. Faut-il en dresser une liste ou laisser aux Etats le soin de plaider leur cause avec les arguments qui leur conviennent – dépenses pour l'Europe, de recherche, humanitaires ou militaires – en chargeant la Commission de trancher? C'est sur ces points que partisans de la souplesse (France, Allemagne, Grande-Bretagne et Italie) et adeptes de la rigueur (Pays-Bas, Autriche) tenteront de rapprocher leurs vues.