La prise de contrôle d'OC Oerlikon par Renova, la société du milliardaire russe Viktor Vekselberg, étant chose faite depuis vendredi, l'enjeu de l'assemblée générale mardi de l'ex-Unaxis a porté sur les nouvelles orientations stratégiques du groupe. Les 373 actionnaires présents à Lucerne ont accepté avec une très large majorité l'élection des six candidats proposés au conseil d'administration d'Oerlikon. Trois d'entre eux (Vladimir Kuznetsov, Urs Meyer et Carl Stadelhofer) représentent les intérêts de Renova qui contrôle désormais 39,1% du capital d'Oerlikon. Deux autres candidats sont indépendants (Hans Ziegler et Kurt Hausherr), tandis qu'un seul (Hanno Bästlein) représente encore le camp de Victory, dont les parts dans Oerlikon ont été ramenées à 13,5%. L'ex-président Georg Stumpf avait, lui, retiré sa candidature vendredi.

Les actionnaires qui espéraient une prise de position de Viktor Vekselberg ont dû se satisfaire des déclarations de Vladimir Kuznetsov, responsable des investissements chez Renova. Le nouveau président du conseil d'administration d'Oerlikon a réaffirmé hier son soutien à la direction actuelle.

Vladimir Kuznetsov a aussi fourni des indications intéressantes sur les priorités d'Oerlikon à l'avenir: «L'entreprise a tout ce qu'il faut pour être un des principaux acteurs dans les domaines des revêtements fins, des systèmes sous vide et des solutions pour l'industrie solaire.» Les ventes du segment «Oerlikon Solar» devraient atteindre 700 millions de francs en 2008 et dépasser le milliard l'an prochain, a indiqué hier le groupe dans un communiqué.

Discrétion sur le textile

Aucune mention en revanche des activités textiles, qui représentaient pourtant 45% du chiffre d'affaires d'Oerlikon en 2007. La division «Saurer Textile» fait l'objet de nombreuses spéculations. Cette unité affichait en 2007 une marge opérationnelle de 7,6%, contre 8,8% pour l'ensemble du groupe. En outre, ses entrées de commandes se sont effondrées de 39% au premier trimestre. Fin avril, Uwe Krüger, CEO d'Oerlikon, a déclaré que le portefeuille d'activités du groupe devrait être nettoyé et recentré sur les seuls secteurs les plus rentables. Il n'en a pas fallu plus pour relancer les spéculations d'une cession des activités textiles. Autre scénario évoqué par la presse dominicale: une fusion entre les sociétés Oerlikon, Sulzer, qui sont contrôlées par Renova, ainsi que Rieter, toutes trois actives dans l'industrie textile.

Panagiotis Spiliopoulos, analyste chez Vontobel, estime qu'un désinvestissement des activités textiles d'Oerlikon n'a rien d'irréaliste. «Si une unité est à vendre et que le prix proposé est correct, plus d'un intéressé se présente habituellement», commente l'analyste. Une réorganisation du secteur de l'industrie textile en Suisse est aussi envisageable. En revanche, une transformation complète du portefeuille d'activités de plusieurs groupes de cette taille n'est pas à attendre d'un jour à l'autre, tempère l'analyste de Vontobel.