Les bénéfices ont fondu comme neige au soleil. En 2007, les banques privées suisses cotées dégageaient, en moyenne, une marge avant impôt sur la masse sous gestion de quelque 45 points de base (un demi pourcent). Un an après, elle n’est plus que de 12 points de base, près de quatre fois moins.

Ce chiffre sort de l’étude Global Private Banking/Wealth Management Survey 2009, publiée ce matin par le cabinet de conseil PriceWaterhouseCoopers. Cette chute de la rentabilité vient du fort recul des avoirs sous gestion, en particulier ceux de la clientèle privée. L’effondrement des marchés financés combiné à la recherche de produits moins sophistiqués par les clients, et donc moins chers, a comprimé les marges.

Cet effondrement devrait être «temporaire», a estimé Benoît Dumont, patron de JPMorgan (Suisse), lors de la récente présentation de l’étude à Genève. «Par le passé, l’industrie financière a démontré sa capacité à rebondir», a-t-il déclaré. Cédric Anker, qui dirige Vontobel à Genève, a aussi affiché sa confiance, tout en rappelant que cela dépendra «de l’appétit des clients à reprendre des risques».

En attendant, les acteurs s’adaptent, analyse Pascale Güllner-Kea, qui suit les institutions financières en Suisse romande pour PWC. Elle relève que, en Suisse, deux fois plus de dirigeants, six sur dix, qu’il y a deux ans prévoient une acquisition dans leur stratégie de développement. La plupart d’entre eux visent en outre une réduction de leurs coûts de 20%.

Structurellement, les banques tendent à séparer les activités de gestion de fortune et de celle de gestion d’actifs. Et Pascale Güllner-Kea de rappeler, la scission de GAM de Julius Baer ou l’opération conclue entre Credit Suisse et Aberdeen Asset Management, dont la finalisation a été annoncée ce mercredi.

Conduit auprès de 234 sociétés, dans 40 pays à travers le monde, de petite et grande taille, le sondage conclut par ailleurs à un «retour à la simplicité, pas seulement en Suisse», relève Jean-Christophe Pernollet, responsable PwC Genève. Les acteurs constatent encore le changement des conditions cadres vers plus de réglementation, et plus de transparence en matière fiscale, ce qui alimente les sorties de fonds de clients off-shore.

On peut enfin noter que près de huit dirigeants sur dix annoncent revoir leur système de bonus dans les deux ans, la moitié précisant augmenter la part liée aux objectifs de long terme.