Contrairement aux assurances vie Winterthur et Zurich, Rentenanstalt/ Swiss Life appliquera en 2004 le même calcul qu'en 2003 à la part dite «surobligatoire» des rentes de prévoyance vieillesse. Ce n'est qu'aux nouveaux assurés qu'elle imposera un taux moins favorable. D'autres institutions administrant des fondations collectives, telle la coopérative saint-galloise ASGA, sont cependant nettement plus «généreuses» et continuent à appliquer à tout le monde, et à la totalité du montant assuré, le taux actuel de 7,2%.

Les assureurs vie gèrent environ un cinquième des 500 milliards de francs de capital accumulé au titre de la prévoyance professionnelle. Trois d'entre eux, soit Winterthur, Zurich et Rentenanstalt/Swiss Life, administrent à eux seuls les fonds d'institutions collectives représentant plus de 1 million de cotisants. Or, si Winterthur et Zurich ont pris des mesures impliquant une forte baisse des rentes pour la plupart des assurés prenant leur retraite après la fin de 2003, Rentenanstalt ne change en rien son calcul (taux de conversion) pour les rentes des assurés existants. Elle a cependant décidé d'appliquer un taux moins favorable, pas encore fixé, dans ses nouveaux contrats.

Les assurés existants de Rentenanstalt prenant leur retraite après la fin de 2003 n'ont donc pas à craindre pour l'instant la forte baisse des rentes qu'entraînent les décisions de Winterthur et Zurich pour tous les assurés dont le salaire est supérieur à 75 960 francs (ou inférieur à 25 320 francs).

Cependant, Rentenanstalt avait été la seule des «trois grandes» à procéder, au début de 2003, à une forte augmentation générale des primes, de 13% en moyenne. Elle les augmentera encore une fois de 5% en moyenne dès le début de 2004. Zurich et Winterthur, dont les primes étaient dans l'ensemble restées inchangées pour 2003, entendent procéder à des hausses moyennes de 5%, respectivement 8%.

En outre, Rentenanstalt appliquera en 2004 un taux de rémunération correspondant au minimum légal fixé pour les caisses: ce minimum, actuellement de 3,25%, sera sans doute fixé à 2%. Winterthur et Zurich, moins diplomates, annoncent carrément qu'elles rémunéreront à 2% quel que soit le minimum légal imposé aux caisses. En pratique, le résultat est le même.

En 2002, Rentenanstalt/Swiss Life s'était fortement exposée sur le plan politique et social, en tirant la sonnette d'alarme en matière de taux d'intérêt minimal et en évoquant publiquement des problèmes de rentabilité dans le domaine LPP. Elle avait tiré les marrons du feu pour l'ensemble de la corporation. Tout se passe comme si, quelques scandales et une nouvelle direction après, elle laissait maintenant délibérément le «mauvais rôle» à ses principales concurrentes, en se contenant de suivre un peu timidement.

Cependant, elle a toujours les frais administratifs les plus élevés par tête d'assuré LPP, soit 630 francs par an. Winterthur en avoue 580, et Zurich, 600. Il s'agit évidemment de moyennes: la charge par assuré peut monter jusqu'à 2000 francs, comme on le précise chez Winterthur. Cela est dû à l'extraordinaire diversité des innombrables contrats rédigés en un temps où les assureurs étaient prêts à satisfaire toutes sortes de demandes individuelles pour gagner un maximum de clients.

Une solution digne d'intérêt

D'autres solutions sont possibles, comme le montre la coopérative ASGA, à laquelle sont affiliées 6000 PME comptant 36 000 assurés. Ses charges administratives par tête s'élèvent jusqu'à présent à 170 francs, et passeront à 180 francs en 2004. Elle applique un taux de conversion de 7,2% et continuera à le faire; le taux d'intérêt servi était jusqu'à maintenant de 4,25% et descendra prochainement à 3,25%. Malgré des prestations étendues et des versements continus d'excédents, le taux de couverture, de 106,7% à fin 2001, se situe toujours à 102%. La conseillère nationale Christine Egerszegy a sans doute raison, qui estime que les associations d'employeurs devraient davantage s'intéresser à de telles solutions.