Il aurait pu s'appeler assurance grand âge, rente dépendance ou encore Quatrième âge heureux. Il s'appelle RG autonomie. Pour la première fois en Suisse, les Rentes Genevoises, spécialistes de la prévoyance depuis 150 ans, proposent un produit qui répond à la fois au vieillissement croissant de la population, aux situations de dépendance dans lesquelles une personne sur trois se trouve au-delà de 80 ans et à la charge financière que représentent les indispensables soins et soutiens qui permettent de vivre sa retraite, aussi bien que possible, chez soi.

Cette offre originale qui débarque sur le marché a une longue histoire. Depuis 1991, les Rentes Genevoises planchent sur la question du vieillissement et de la dépendance. De l'état des lieux dressé il y a près de dix ans, elles ont esquissé un projet en octobre 1997. Puis il a fallu nourrir ce travail d'une foule de statistiques, comparer le projet aux produits existant chez nos voisins et façonner un contrat avec le soutien d'un réassureur, en l'occurrence Gerling Global.

RG Autonomie trouve sa raison d'être dans un constat. La population vieillit de plus en plus (lire ci-dessous). Avec l'âge apparaissent maladies chroniques, handicaps légers, voire graves. Dans leur grande majorité, les personnes âgées souhaitent demeurer le plus longtemps possible chez elles, dans leurs meubles, quitte à prendre une aide à domicile. «Rester chez soi est important, relève Vittorio Dall'Aglio, directeur des Rentes Genevoises, car c'est rester ancré dans la société.» Quitte à prendre une aide à domicile ou à financer des soins dans un institut spécialisé. Mais ce sont autant de dépenses non couvertes par l'assurance maladie. Il faut y aller de sa poche, et souvent grignoter un patrimoine. De plus, l'addition s'alourdit avec l'âge. Le monde social l'observe: plus une personne âgée souhaite rester chez elle, plus elle aura besoin d'aides, non couvertes par ses assurances. A la dépendance physique, s'ajoute une dépendance financière. «D'où, dit Vittorio Dall'Aglio, l'intérêt de couvrir ces dépenses grâce à une rente. Sinon, comment s'offrir cette aide à domicile qu'on ne pourrait payer car l'Etat ne prend pas en charge ces frais? Ce n'est qu'à l'extinction de tout patrimoine que la collectivité publique endosse les charges liées à la dépendance.»

La solution proposée est une rente, c'est-à-dire l'échange d'un capital contre une somme qui sera versée la vie durant. Dans le cas présent se greffe la notion de dépendance. Une notion qui a été définie par les Rentes au travers de six critères, de six actes ordinaires de la vie (liberté de déplacement à l'intérieur du logement, capacité à faire sa toilette, continence, capacité à boire et à manger, possibilité de s'asseoir, de se lever et de se coucher, capacité à s'habiller). Selon le nombre d'actes que peut accomplir seul l'assuré, sa dépendance est qualifiée de faible, moyenne ou grave. Et de même la rente versée est calculée en fonction du degré de dépendance constatée.

«Le produit est destiné à des gens valides aujourd'hui qui souhaitent se prémunir. Mais, précise Marc Baijot, actuaire en chef aux Rentes Genevoises, il est ouvert également aux personnes qui souffrent déjà de dépendance.»

Une carte de visite

La limite d'âge de souscription est fixée à 85 ans. Le client choisit l'intensité et la durée de son contrat. Son ampleur découle d'une plus ou moins longue assurance. Un exemple? Un homme de 50 ans qui souhaite financer une rente annuelle de 60 000 francs (le maximum) pour garantir un risque de dépendance totale dès l'âge de 70 ans versera à vie 100,85 francs par mois. Si au-delà de 70 ans, il conserve une santé intacte, il ne touchera rien. En cas de survenance de la dépendance, la rente est assurée à vie. L'absence d'un tel produit en Suisse a une explication. Marc Baijot: «La Suisse baigne dans le concept de l'Etat providence. Mais il n'y a jamais eu de prise de conscience de la notion de dépendance. S'il existe plusieurs types de prestations complémentaires, elles ne couvrent pas tous les besoins. A la différence de la France, de l'Allemagne ou encore du Luxembourg, la Suisse n'a pas imaginé une prestation propre à la dépendance. Pas de prise de conscience, donc pas de réponse proposée.» Une lacune comblée par les Rentes Genevoises qui assurent depuis plusieurs années un travail de pédagogie et de réflexion sur les questions touchant au vieillissement.

Cherchent-elles aujourd'hui à le transformer sur le plan commercial? «RG Autonomie ne sera pas un produit lucratif pour l'entreprise, dit Vittorio Dall'Aglio. Il répond avant tout à un besoin pour des gens responsables qui veulent se prendre en charge dès maintenant sans pénaliser financièrement leurs proches, leurs enfants. A travers son aspect social, il répond également à une demande des autorités politiques. Ce nouveau produit est une carte de visite qui crédibilise l'entreprise. Il confirme sur le marché notre position de spécialiste de la rente et de la prévoyance.»