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Donald Trump aurait réalisé l'«exploit» de faire 4229 allégations fausses ou invérifiables durant les 558 premiers jours de sa présidence, selon le Washington Post.
© Mandel Ngan / AFP

Entre-Temps…

Rentrée: qui voulez-vous croire?

Aujourd’hui, les fondamentaux d’une économie ou d’une action comptent moins que ce que les gens sont prêts à croire

D’après le Washington Post, Donald Trump aurait fait 4229 allégations fausses ou invérifiables durant les 558 premiers jours de sa présidence. Cela en fait presque huit par jour. Il ne faut pas sous-estimer cet exploit qui nécessite une grande créativité et une persévérance de chaque instant. Un moment d’inattention et, hop, on laisse échapper une vérité.

Le problème est que le président a ainsi ouvert la porte à un torrent de déclarations sulfureuses faites par toutes sortes de personnes souvent non qualifiées et qui s’estiment pourtant habilitées à faire comme lui. Qui croire dans ce tohu-bohu?

Si vous êtes rationnels, vous pouvez placer votre confiance dans les statistiques officielles comme le produit intérieur brut (PIB). Les Etats-Unis ont annoncé avec fanfare que le PIB américain avait augmenté de 4,1% durant le deuxième trimestre de 2018. Cependant, entre 1993 et 2016, ces estimations ont toujours été révisées plus tard, en moyenne de 1,3%. De plus, chacun connaît les faiblesses du PIB dans une économie qui devient de plus en plus immatérielle.

Les banquiers centraux divisés

Vous pouvez également penser que les présidents des banques centrales, qui se réunissent actuellement à Jackson Hole, sont particulièrement au courant de la situation économique. Pourtant les présidents des banques centrales américaines et britanniques sont plutôt en faveur de remonter les taux d’intérêt. Celui de la banque du Japon veut, au contraire, continuer à les garder très bas. Quant à la Banque centrale européenne, elle est encore incertaine…

Il y a les économistes qui estiment que si toutes les économies sont en croissance en même temps c’est plutôt mauvais signe: cela signifie que l’on est au sommet du cycle et que l’économie ne peut que se ralentir. Le Dow Jones dépasse désormais les 2870 points, trois fois plus qu’il y a neuf ans. D’autres sont aussi inquiets que la différence entre le rendement des bons américains du Trésor à 10 ans et celui à 2 ans se rapproche de zéro: apparemment un signe de récession qui pointe à l’horizon.

Logiquement, il y a ceux qui spéculent à la baisse sur les actions. Parmi celles qui sont le plus exposées se trouve bien entendu Tesla. Depuis le 7 août, date à laquelle Elon Musk a annoncé vouloir privatiser sa société à un cours de 420 dollars, l’action a quand même perdu 20%. Ces «short sellers» ont théoriquement déjà gagné 1,2 milliard de dollars. Viennent ensuite Apple, Amazon, Netflix, Microsoft, Facebook, Intel et Walt Disney. Elles n’ont certes pas les mêmes problèmes que Tesla mais les bourses les considèrent de plus en plus comme surévaluées.

Elles le sont peut-être parce que les marchés ne sont conduits que par quelques grands acteurs qui concentrent leurs investissements. Par exemple, les 10 plus grands fonds souverains mondiaux gèrent 6063 milliards de dollars. Comme ils ont peur du risque, ils adoptent essentiellement une gestion passive et accumulent les grandes capitalisations, notamment technologiques. Mais ces fonds sont souvent politiques et leurs décisions volatiles, comme le montre le conflit entre l’Arabie saoudite et le Canada.

Croyances contre fondamentaux

Enfin, il y a ceux qui s’inquiètent de la montée du protectionnisme. A ce jour, les Etats-Unis ont imposé des tarifs punitifs sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises. Ce serait maintenant près de 200 milliards de dollars de produits supplémentaires chinois qui seraient impactés. Cela s’ajoute évidemment aux mesures contre l’Europe, le Canada et plus récemment la Turquie. Mais quel sera l’impact négatif réel sur la croissance? Personne ne le sait vraiment.

Les gens croient-ils donc n’importe quoi ou sont-ils des victimes consentantes? Aujourd’hui, les fondamentaux d’une économie ou d’une action comptent moins que ce que les gens sont prêts à croire. Si personne n’est dupe, il faut constamment se souvenir de la phrase de Keynes: «Investir avec succès, c’est anticiper les anticipations des autres.» La science économique devient de plus en plus une science du comportement, des émotions et des instincts. Freud est en train de remplacer Adam Smith.

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