Cryptovalley

Repensons notre politique d’immigration pour les secteurs stratégiques

CHRONIQUE. Précurseur dans la réglementation de la cryptofinance, la Suisse doit moderniser ses règles sur le recrutement de spécialistes étrangers

Depuis l’établissement de la Fondation Ethereum à Zoug en 2014, la Suisse a joué un rôle central dans le paysage blockchain mondial, attirant de nombreux projets innovants. On compte actuellement plus de 400 entreprises spécialisées actives dans la fameuse Crypto Valley. Avec la publication d’un guide pratique sur les ICO (Initial Coin Offering) par la Finma en février, nous avons également joué un rôle pionnier en matière réglementaire.

Pour la première fois dans le monde, une autorité de surveillance établissait des règles claires sur les levées de fonds en cryptomonnaies. Cette communication a été accueillie positivement par la communauté blockchain et a renforcé notre positionnement en mettant fin à une incertitude pesante et traçant la voie permettant à de nouveaux groupes d’acteurs, dont les investisseurs institutionnels, de s’engager dans le secteur.

Lire aussi: La Finma clarifie sa pratique à l’égard des ICO

Depuis, plusieurs pays ont suivi nos traces et ont émis des guidelines semblables, dont Malte en juillet et le Liechtenstein cette semaine. Cet accroissement d’activité législative à l’étranger signifie que notre système perd comparativement en attractivité et que pour rester à la pointe de la nouvelle révolution numérique, nous devons développer d’autres avantages afin de continuer à attirer des projets innovants du monde entier.

Ouvrir un compte bancaire

Deux problèmes majeurs auxquels les cryptoentrepreneurs font face sont l’acquisition de talent et l’ouverture d’un compte en banque pour leurs activités. Ce dernier point pourrait être facilement résolu par la publication de lignes directrices sur les obligations des banques concernant l’acceptation d’un dépôt d’argent provenant d’une transaction en cryptomonnaie.

Le premier problème par contre est plus profond et demande une action politique. Nous avons récemment fait une expérience douloureuse en offrant un contrat de travail à une programmeuse chinoise qui venait de terminer son doctorat en cryptographie à l’Ecole polytechnique de Zurich.

Des pistes pour attirer les étrangers

Après avoir démontré qu’un Suisse ne pouvait pas remplir ce rôle, nous avons dû nous battre pendant plusieurs mois afin d’obtenir une place dans les quotas – ce, malgré le fait que la Suisse avait financé sa formation et que nous lui offrions une rémunération compétitive.

D’autres pays régulant l’immigration non pas en fonction de cercles géographiques, mais en fonction des qualifications ou du salaire, ce sont des pistes que nous devrions également explorer. La blockchain est un secteur technologique de pointe dans lequel les vrais talents sont rares. Si nous voulons devenir la «Blockchain Nation» décrite par Johann Schneider-Ammann en début d’année, nous devons pouvoir faire venir les meilleurs spécialistes sans entraves administratives.

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