Baihetan. Notez bien ce nom; il reviendra sans doute des milliers de fois ces prochaines années. Il s'agit du projet de barrage qui sera érigé sur un affluent du Yangzi. Les autorités chinoises ont donné le feu vert à sa construction ce lundi. Soit à peine quinze jours après que les derniers mètres cubes de béton ont été coulés dans le barrage hautement controversé des Trois-Gorges construit sur le même fleuve.

Il y aura d'abord les écologistes qui crieront leur opposition: ce projet mettra en danger la faune et la flore de toute une région. Les paysans chinois protesteront contre l'inondation de leurs villages et de leurs terres. Le barrage des Trois-Gorges avait provoqué le déplacement forcé de 1,1 million de personnes qui n'ont toujours pas été indemnisées.

Les industriels se frotteront les mains; ils y verront des opportunités pour vendre dynamites, acier, ciment et turbines.

Les propos de Pékin sont connus. Baihetan, comme les Trois-Gorges, est la domestication d'un fleuve aux crues souvent meurtrières. En prime, il fournira une énergie propre à un pays en pleine croissance et qui cherche sa place parmi les plus puissants.

Dans cette histoire, tout le monde a un peu raison.