L'annonce, vendredi, par Eurostat, d'une première estimation à 3,6% de l'inflation sur le mois de mai - du jamais-vu depuis la création de la monnaie unique - rend un peu plus difficile la principale mission de la Banque centrale européenne. Inscrite dans le Traité de Maastricht, celle-ci est de défendre la stabilité des prix. L'institution, qui fête ses 10 ans aujourd'hui, court après un objectif de moyen terme inférieur à 2%. Une visée qui nécessite, pour espérer l'atteindre, de maintenir les taux d'intérêt à un niveau peu favorable aux économies de la zone euro, dont la croissance s'essouffle. La BCE tient sa prochaine réunion jeudi prochain.

Atteindre ce cap de 2%, qui est dépassé depuis le mois de septembre dernier, paraît de plus en plus illusoire. Les banquiers centraux ne peuvent en effet pas faire grand-chose pour enrayer une inflation importée, largement liée au pétrole et aux produits alimentaires. Ce qui amène à nouveau nombre d'économistes à s'interroger sur la pertinence d'une politique monétaire centrée autour d'un objectif d'inflation précis.