Pour une fois, la crise économique n'est pas en cause. Car le mouvement ne date pas d'hier.

Depuis dix ans, le travail bénévole séduit toujours moins de monde. En 1997, 27% des Suisses étaient actifs dans une association ou une organisation à titre gracieux, selon les chiffres publiés lundi par l'Office fédéral de la statistique. Cette part baisse inexorablement, à 24% en 2007. Le recul est plus net chez les hommes, qui restent toutefois plus impliqués que les femmes (28% contre 20%). Le bénévolat informel (comme l'aide aux voisins) diminue lui aussi.

Les bénévoles travaillent en moyenne 13 heures par mois. Leur engagement a tendance à progresser jusqu'à ce qu'ils aient entre 40 et 54 ans, puis il fléchit.

Le recul de ce genre de travail traduit-il une plus grande individualisation de la société? La Journée internationale du bénévolat, vendredi, permettra peut-être d'y répondre. En attendant, la collectivité en souffre. Le travail non rémunéré n'apparaît pas dans le produit intérieur brut (PIB). Des économistes estiment pourtant qu'il en représente 1% en France, 2,5% au Canada... et même 5% en Suisse. Encore une source de croissance qui s'amenuise!