Le mois prochain, une commission très importante devrait se réunir à Berne. Son travail: recommander au Conseil fédéral le montant de la rémunération minimale des avoirs du 2e pilier pour 2009. Un peu, beaucoup... ou sans doute rien du tout.

C'est du moins ce que redoutent les syndicats. Jeudi, Travail. Suisse et l'Union syndicale suisse (USS) se sont vivement opposés à la baisse de taux que préparerait le président de la Confédération, Pascal Couchepin, en charge de ce dossier. Le taux pourrait tomber à 1,75%, selon les plus pessimistes. A ce niveau, l'inflation (supérieure à 2%) aura tout mangé.

Le plus étonnant dans cette affaire, c'est l'entêtement de Berne à vouloir lire dans une boule de cristal l'évolution des marchés financiers. Et on sait avec quelle clairvoyance. L'été dernier, alors que la crise financière prenait rapidement de l'ampleur, le taux avait été relevé!

Bien sûr, les caisses souffrent cette année. Elles perdaient près de 6%, au 1er trimestre, selon Credit Suisse. Mais qu'en sera-t-il en décembre? Et l'an prochain? Sans oublier que les caisses ont encore des réserves.

En persistant à faire évoluer le taux minimal au gré des fluctuations de court terme, Berne ne crée pas un cadre incitatif et met, en réalité, le 2e pilier en danger.