Il y a un mois, Bernie Ebbers, patron déchu de WorldCom, écopait de 25 ans de prison pour une fraude comptable de 11 milliards de dollars. Vendredi dernier, Liu Jinbao, ex-boss de Bank of China (Hongkong), a été condamné à mort pour une affaire de corruption portant sur 2,7 millions de dollars selon les autorités.

Admettons que la sentence sera commuée en détention à vie et que les sommes détournées dépassaient probablement le montant officiel. Admettons encore que la Chine veuille «faire un exemple» au moment où elle entend se tailler une respectabilité financière et notamment faire entrer des banques étrangères, dont UBS, dans le capital de Bank of China, promise à une prochaine entrée en Bourse.

Mais comment se fait-il, s'interroge un lecteur du Financial Times, que Liu Jinbao ait été jugé en Mandchourie, selon la loi chinoise, pour des délits commis à Hongkong, théoriquement au bénéfice de son propre système légal selon l'accord sino-britannique de 1984? Le gouvernement anglais se garde de répondre à la question, le chinois aussi, et les investisseurs ne se la posent pas. Business is business, China way.