Pressé par son président, le gouvernement français passe à l'action. Mais il donne dans la facilité.

Jeudi, le ministre du Budget a détaillé le «choc fiscal» qu'il entendait donner à la France. Plusieurs impôts vont diminuer. Objectif, hisser d'un cran la croissance. Le pari est risqué, mais intéressant. A ceux qui se plaignent de la pression fiscale de montrer ce qu'ils peuvent faire de ces allégements!

On peut cependant regretter que le gouvernement s'en tienne là. Car, en face, les dépenses vont, au mieux, se stabiliser. Hier encore, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) s'est inquiétée de ce que des économies «substantielles» ne soient pas déjà prévues. Début mai, les ministres des Finances européens avaient émis des critiques du même genre.

La France s'entête à vivre sur sa planète. Sait-elle que son dernier budget équilibré remonte à 1974? Que les intérêts de sa dette lui coûtent plus que ce qu'elle dépense dans la défense et la recherche? Un effort sur les dépenses est autrement plus délicat, politiquement, que la distribution de cadeaux fiscaux. Mais tout aussi nécessaire, économiquement.