Peu après les rumeurs d'OPA sur Danone par PepsiCo, Nestlé prend-elle un risque en assouplissant ses statuts? Il est faible, si l'on considère son actionnariat très fragmenté et la valeur de sa capitalisation boursière.

En fait, les barrières qu'elle avait érigées pour se prémunir contre de mauvaises surprises empêchaient pratiquement tout changement significatif de ses règles internes. Cela devenait contre-productif en termes d'image – comme l'a montré la polémique autour de la «double casquette» de Peter Brabeck – et de surcroît inutile depuis le nouveau Code des obligations et l'introduction d'une loi suisse sur les reprises.

En sollicitant l'avis de la base, la multinationale fait coup double. Elle adapte ses statuts à la nouvelle composition de son actionnariat et reprend l'initiative en donnant suite aux critiques. Mieux vaut anticiper et maîtriser l'adaptation aux règles actuelles de gouvernance d'entreprise que de les subir, ont dû se dire ses dirigeants. C'est bien vu.

Les premières réactions d'analystes montrent que l'opération, survenant six mois après l'annonce d'un programme de rachat d'actions, est reçue positivement.