Le 3 juin, une cinquantaine de chefs d'Etat et de dirigeants d'organisations internationales se réunissaient à Rome pour répondre à la crise alimentaire. Pourtant, «une infime partie des dons promis» lors du sommet a été versée, a prévenu jeudi le directeur général de l'agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation (FAO). «Le dixième des 22 milliards d'euros promis», a même précisé hier Jacques Diouf, à l'occasion de la Journée internationale pour l'alimentation.

Il est vrai, les pays donateurs ont une autre priorité: leur propre crise financière. Or cette dernière pourrait aggraver la crise alimentaire, «en [les] incitant au protectionnisme et à la révision de leurs engagements en matière d'aide», a prévenu le patron de la FAO.

Des récoltes céréalières record ne sont-elles pourtant pas escomptées cette année? Les cours mondiaux de nombreuses denrées n'ont-ils pas plongé? Le problème reste que ceci pourrait conduire les pays exportateurs à réduire leurs semis lors de la prochaine campagne. Surtout si le ralentissement économique mondial s'aggrave. Ce qui, selon Jacques Diouf, pourrait «nous faire tomber de Charybde en Scylla l'an prochain».