La France a reçu mercredi l'autorisation de distiller 3 millions d'hectolitres de vin (5,3% de sa production 2005) en alcool industriel ou biocarburant. L'Italie fera de même pour 2,6 millions d'hectolitres.

Ces mesures d'urgence, qui coûtent 131 millions d'euros au budget agricole européen, en disent long sur l'ampleur de la déroute qui frappe les deux grandes puissances historiques du vin. «La distillation de crise est hélas en train de devenir une des composantes de notre organisation commune du marché du vin», a déploré la commissaire à l'Agriculture Mariann Fischer Boel.

La consommation des Français est passée de 100 litres par habitant dans les années 1960 à 58litres aujourd'hui. Les exportations, elles, reculent face à la concurrence. La France occupait 23% du marché mondial en 2001, 18% l'an dernier.

La commissaire Fischer Boel présentera le 22 juin un projet d'assainissement à plus long terme: amélioration de la promotion et des méthodes de production, mais surtout arrachage massif de vignes.

Ce n'est pas demain que les Français vont redevenir amoureux de l'Europe.