En Suisse, le délit d'initié ne coûte pas grand-chose. La loi ne condamne l'utilisation d'une information confidentielle que si elle a lieu dans le contexte d'une fusion-acquisition ou d'une augmentation de capital.

Un avertissement sur bénéfice? La découverte d'une molécule ou la conclusion d'un contrat déterminant pour la survie de l'entreprise? Les heureux possesseurs de ces «faits confidentiels», comme le dit le Code pénal, ont tout intérêt à en profiter. Ainsi s'expliquent certains mouvements boursiers, avant l'annonce d'une nouvelle importante.

Ailleurs en Europe, les autorités de surveillance des Bourses traquent beaucoup plus sévèrement ces délits. Faute de base légale suffisante, on comprend la rareté des cas condamnés ici.

Cette situation n'est pas à la hauteur de ce que les investisseurs, victimes de ces agissements spécieux, sont en droit d'attendre d'une place financière comme la Suisse. Or la loi tarde à changer, comme le souligne avec raison la Commission fédérale des banques, le gendarme boursier.

Géant financier, la Suisse reste un nain politique. Elle ne peut pas se payer le luxe de l'à-peu-près en matière de surveillance. Ses voisins le lui rappelleraient tôt ou tard, à ses dépens.