L'Occident s'était peu à peu habitué à ce que les pays asiatiques, puis arabes, investissent massivement dans ses entreprises. Il faudra désormais compter avec un nouvel acteur: l'Afrique. L'Angola vient en effet de décider d'injecter une partie de sa rente pétrolière en Europe. Son premier terrain de chasse sera le Portugal, son ancienne puissance coloniale!

Une banque majoritairement capitalisée par des Angolais a été ouverte cette semaine à Lisbonne dans le but déclaré de servir de tête de pont à l'afflux de fonds du pays africain vers le Vieux Continent.

Deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, l'Angola se reconstruit à un rythme soutenu depuis la fin de la guerre civile en 2002. Elle affiche depuis 2004 un taux de croissance annuel qui dépasse les 15%.

Si les spécialistes portugais se refusent pour l'heure à parler de «mouvements de capitaux à grande échelle», l'annonce de cette semaine a valeur de symbole. La flambée des prix des matières premières donne des ailes aux pays du Sud.

Reste que le Portugal n'est en rien perdant. Ses exportations vers l'Angola, son sixième marché extérieur, ont fortement progressé en 2007, de 39% à 1,4 milliard d'euros. En 2006, l'investissement direct du Portugal vers son ancienne colonie était de 330 millions d'euros.