Sauf (énorme) surprise, la Réserve fédérale américaine (Fed) relèvera ce soir ses taux de 0,25 point à 3,5%. Pour la dixième fois depuis le printemps 2004. L'institut monétaire devrait continuer à serrer la vis jusqu'à 4 ou 4,5% ces prochains mois pour lutter contre les risques de surchauffe économique.

Les rendements à long terme restent plus difficiles à lire. Malgré les impulsions données par la Fed, ils n'ont commencé à se redresser que récemment. Leur possible envolée n'est pas prise en compte dans les scénarios économiques.

Pourtant, l'explosion des prix du pétrole et la vigueur de l'économie américaine sont préoccupantes en terme d'anticipations inflationnistes. Les marchés pourraient juger l'action de la Fed trop molle. Les rendements des bons du Trésor prendraient alors l'ascenseur. Phénomène encore renforcé par l'abandon du lien entre le yuan chinois au dollar. Car les réserves monétaires de Pékin risquent de se détourner partiellement de Washington. Les Américains devraient payer plus pour attirer des capitaux destinés à financer leur déficit extérieur.

Sous la poussée des taux longs, la quasi bulle immobilière se dégonflerait aux Etats-Unis, la consommation ralentirait et les marchés financiers reculeraient. Une bien mauvaise surprise.