Après le pétrole et l'or, voici que la forte demande asiatique fait pression sur le... cacao. Elle progresse de 25% par an, et même de 30% en Chine, estime le patron de Barry Callebaut, Patrick de Maeseneire, dans le Financial Times Deutschland. Le cacaoyer n'étant cultivé que dans une mince bande autour de l'équateur et ne donnant sa première récolte qu'après cinqans, une pénurie pourrait se produire au début de la prochaine décennie.

Barry Callebaut, basé en Suisse, achète environ 15% de la récolte mondiale de cacao. Le scénario décrit par son patron est «crédible», estime l'analyste de Helvea James Amoroso, qui imagine les conséquences suivantes: l'augmentation du prix de la matière première poussera les consommateurs vers les deux extrêmes, à savoir des produits haut de gamme comme ceux de Lindt & Sprüngli, ou les marques de distributeurs - comme ceux que fournit Barry Callebaut, justement.

Les fabricants situés dans le milieu de gamme, comme Nestlé, risquent en revanche de perdre des parts de marché. D'où peut-être la volonté du groupe veveysan de repositionner ses chocolats.