Le sauvetage de l'Islande se précise. Les petites îles Féroé, archipel sous souveraineté danoise situé dans l'Atlantique Nord, vont allouer une aide financière de 59,3 millions de francs à leur voisin du nord en pleine déconfiture. Ce n'est certes pas ce montant qui sera déterminant dans la solution de la crise. Reykjavik, qui a ruiné son économie en la transformant en un gigantesque fonds spéculatif, sollicite plus de 5 milliards de francs pour échapper au naufrage. Mais le geste substantifie un changement dans l'échelle de valeur en finance internationale.

Les Féroé sont davantage connues pour leur équipe de football - lorsqu'elle perd face à la Suisse - que pour leur puissance économique. Elles ne figurent pas au catalogue des places financières offshore. L'industrie de la boîte aux lettres ne s'y est pas développée. Autrement dit, la fortune accumulée dans les brumes de l'Atlantique résulte d'une activité économique bien concrète, la pêche.

C'est évidemment une leçon de morale pour les Islandais. Mais ces derniers n'ont pas le temps de philosopher: même avec l'aide de 2,5 milliards de francs du FMI, leur tour de table est encore loin d'être bouclé.