Le super-pétrolier Thai Resource est victime de l'effondrement de 75% du coût de l'affrètement depuis le début de l'année. Cette antiquité, construite en 1976 dans le chantier désormais disparu de Newcastle en Angleterre, sera bientôt traînée sur une plage du Bangladesh pour être découpée par des ferrailleurs. Il est le premier de sa catégorie à partir à la casse cette année sur une flotte de 460 unités. Il ne sera vraisemblablement pas le dernier.

Tant que le prix du transport de pétrole flambait, les profits à empocher étaient irrésistibles. Les armateurs rechignaient à se débarrasser de leurs plus vieilles unités qui ne répondent pas aux normes de sécurité qui deviendront obligatoires presque partout dans le monde dès 2007. La baisse des cours va leur rappeler l'approche de cette échéance.

Le dégonflement subit de la bulle du transport de brut est paradoxalement attribué au renchérissement du baril depuis quelques mois. A ces prix, les Chinois et les spéculateurs ont fortement réduit leurs achats de pétrole, selon une professionnelle. Le sentiment de pénurie a subitement disparu: un super-pétrolier ne se loue plus que 60 000 dollars par jour, contre 240 000 en fin d'année dernière.