C'est la deuxième réplique du séisme des «subprime». Réduisant à tour de bras leurs prêts un tant soit peu risqués, les banques coupent les vivres aux financiers spécialisés dans les «LBO». Cette façon de racheter les entreprises à crédit - avant de les passer à la paille de fer pour mieux les revendre - avait fait leur fortune. Ils se retrouvent désormais au pain sec et à l'eau.

La plus emblématique de ces firmes, l'américaine Blackstone, a bouclé un seul de ces «LBO» sur le trimestre, pour 1,2 milliard de dollars. Sur les trois premiers mois de 2007, elle avait racheté ainsi des sociétés valant... 42 milliards! Les souscripteurs qui ont participé à sa mise en bourse - organisée il y a un an, au sommet de la bulle - en espérant s'enrichir dans les traces des rois du «deal» se retrouvent avec des actions ayant perdu 37%!

Longtemps l'une des activités les plus étincelantes de la finance, les «buy-out» ont vu leurs montants limités cette année à 112 milliards de dollars, le tiers des opérations initiées il y a un an sur la même période. Au Royaume-Uni, la firme 3i, autre géant du secteur, a indiqué hier que ses bénéfices avaient reculé de 22% sur l'exercice achevé en mars. Les temps sont durs.