Trois mois déjà! Plus le temps passe, plus le flou sur les réelles intentions d'Ernesto Bertarelli coûte cher à l'entreprise.

Serono en a certes vu d'autres. L'aventure était au rendez-vous lors de la course à l'homologation du Rebif, qui reste le succès incontestable de la multinationale genevoise. Le combat juridique contre son concurrent Biogen-Idec fut aussi un autre moment clé de la vie de l'entreprise.

Mais aujourd'hui le virage, à négocier, est nettement plus délicat. Les tergiversations d'Ernesto Bertarelli à propos d'un retrait des affaires afin d'encaisser le fruit de ses efforts au sommet de la courbe fragilisent la société.

L'opération, révélée par une fuite dans le Wall Street Journal, s'éternise. Tout donne à penser qu'elle a été mal préparée. Pour une fois, le célèbre navigateur n'a plus l'esprit très clair. Il hésite à changer de cap, laissant l'équipage dans l'incertitude.

Les ventes de Serono ont stagné ces derniers mois, une partie des chercheurs se sentent insécurisés. Le retour de la confiance, à l'interne comme à l'externe, ne se réalisera pas avant l'annonce d'une décision. Le plus vite sera le mieux.