Le Temps avait tout faux. Après les attentats du World Trade Center, il écrivait que ces lieux symboliques (et fragiles) de pouvoir que sont les gratte-ciel seraient peut-être moins prisés. Or le secteur se porte comme un charme: 8% de tous les immeubles de la Terre dépassant 12 étages sont en construction, 40% des 200 plus hauts gratte-ciel ont été achevés après l'an 2000, selon la base de données Emporis citée par The Economist.

La course aux nuages continue, et l'Asie la domine: quinze des vingt plus grands bâtiments du monde s'y trouvent, contre cinq aux Etats-Unis et un à Dubai.

Menace il y a pourtant, mais pas celle qu'imaginait Le Temps. La planification et la construction des gratte-ciel demandent tellement de temps que ceux-ci ont la fâcheuse tendance à arriver sur le marché au moment où se déclenche une crise économique, note Jason Barr de la Rutgers University. Ce fut le cas de l'Empire State Building (surnommé en 1934 Empty State Building). Le phénomène s'est répété aux Etats-Unis au début des années 1970, à la fin des années 1980 et en 2000. L'inauguration des tours Petronas à Kuala Lumpur a coïncidé avec la crise asiatique de 1997.

S'il faut se fier à cette règle, les investisseurs qui se précipitent en Chine ou vers les pétromonarchies devraient commencer à se sentir nerveux.