Le Japon n'est pas les Pays-Bas. Et le nucléaire pas de la finance. C'est ce qu'apprend à ses dépens The Children's Investment Fund (TCI), ce hedge fund britannique dont l'activisme forcené au sein d'ABN Amro avait conduit au démantèlement du fleuron bancaire néerlandais.

La Banque du Japon vient d'adresser une lettre - signée du Ministère des finances - intimant au fonds d'investissement de renoncer à sa tentative de doubler sa participation de 9,9% dans l'électricien J-Power. Au nom de la sécurité nationale. J-Power est en effet en train de construire sa première centrale nucléaire et apparaît comme le seul fournisseur disposant d'un réseau de lignes haute tension reliant les quatre principales îles de l'Archipel. Jugeant que le projet vise le profit «à court terme», le gouvernement avait déjà «recommandé» le 16 avril au fonds de s'abstenir.

TCI a beau brandir la menace que ce précédent pourrait dissuader les investisseurs étrangers de venir au Japon. Faire entendre que J-Power aurait acheté des droits de vote pour bloquer l'opération. Accuser le gouvernement nippon de manipuler l'opinion. Il n'en reste pas moins que, en 2008 encore, les stratèges de la finance ne peuvent pas tout renverser. Notamment la volonté politique d'un pays de protéger sa sécurité énergétique. TCI a jusqu'au 14 juillet pour porter le conflit devant les tribunaux.