Si les commanditaires des attentats de Londres et de Charm el-Cheikh visaient à effrayer les touristes et par là à fragiliser un secteur important des économies développées, ils pourraient bien en être pour leurs frais. Sans doute une part des visiteurs potentiels renoncent-ils momentanément à se déplacer dans les zones touchées – un sondage l'estime à 20-30% dans le cas de Londres – mais les responsables touristiques relèvent déjà une certaine reprise dans la capitale britannique.

Leur constat rejoint celui d'un récent rapport de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT). Les visiteurs effrayés par les bombes sont tendanciellement moins nombreux qu'avant et reviennent plus vite dans les endroits touchés. Ils apprennent aussi à gérer le risque et ne pénalisent pas tout un pays parce qu'un endroit particulier a été visé par les terroristes. C'est notamment le cas en Egypte, où le nombre d'arrivées a plus que doublé en dix ans. L'OMT y maintient ses prévisions pour la prochaine saison hivernale, de même qu'elle table toujours sur une croissance de 5 à 8% du tourisme mondial pour cette année.