La récente envolée du prix des produits alimentaires participe à maintenir intact cet euroscepticisme qui a vu le jour dans l'Union européenne après la création de la monnaie unique. Selon un sondage publié vendredi par la Fédération des banques allemandes, plus d'un Allemand sur deux rend toujours la devise européenne directement responsable de la montée des prix ces dernières années. Une personne sondée sur trois préférerait même revenir à son cher Deutsche Mark, icône de la relance économique allemande de l'après-guerre et symbole, à ses yeux, d'une monnaie stable.

Cette enquête illustre surtout le schisme toujours intact existant entre la perception de la hausse des prix par le grand public et l'estimation qu'en font les institutions, Banque centrale européenne en tête. «L'euro n'est pas un Teuro», a répété Manfred Weber, responsable de la fédération, faisant référence au terme né de la contraction de «teuer» (cher) et euro. Et ce dernier de souligner que, depuis la création de la monnaie unique, en 1999, «l'inflation a en moyenne augmenté de 2%, ce qui est relativement bas».

Des assurances officielles qui ne semblent guère à même de mettre fin à l'euroscepticisme qui étreint nombre d'Allemands - mais également de Français ou d'Italiens - à chacun de leur passage aux caisses des supermarchés...