L'euromillion en a fait rêver plus d'un. Mais nul besoin d'avoir un nombre à sept chiffres sur son compte pour changer sa vie. Avec ses petits prêts, quelques centaines de dollars dans les pays du Sud ou plusieurs milliers de francs au Nord, la microfinance permet à ceux qui ont des idées, mais pas de pétrole, de se lancer. Souvent pour le meilleur.

L'Organisation des Nations unies dédie l'année 2005 au microcrédit. Il était temps. Les banquiers des pauvres ont pris leur envol à la fin des années 70. L'effet de mode suscité par l'ONU ne devrait certes pas faire croire que l'on a trouvé en cet instrument la panacée du développement. Bien des obstacles, structurels, se dressent encore sur la voie du développement des pays du Sud. En outre, il est illusoire de voir en tout un chacun un entrepreneur. Statistiquement, on le devient bien plus par dépit que par défi.

Mais il faut reconnaître à la microfinance une efficacité salutaire parce que créatrice de richesse. L'aide au développement ne s'évapore-t-elle pas régulièrement dans des projets inutiles ou dans les poches de gouvernements corrompus? Si la faiblesse des montants qu'il requiert lui donne une image d'activité marginale, le microcrédit mérite plus qu'un succès d'estime.