La flambée des prix du riz est une malédiction pour des millions de consommateurs. Mais une aubaine pour les exportateurs. Ces derniers viennent même de réaliser qu'ils peuvent tirer profit de la crise actuelle, contrôler l'offre et influencer les cours. La Thaïlande, premier exportateur mondial, prend l'idée au sérieux. Son premier ministre vient d'inviter la Birmanie, le Cambodge, le Laos et le Vietnam à se joindre à un cartel sur le modèle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). La Thaïlande et le Vietnam voisin, à eux seuls, totalisent 50% des ventes mondiales.

Même si l'idée d'une Organisation des pays exportateurs de riz (OPER) doit encore faire son chemin, elle est prise au sérieux par les importateurs. Le Japon, qui en importe 770000 tonnes par année, et la Suisse, également grand importateur de produits agricoles, ont déposé mercredi une proposition de règles visant à limiter les restrictions aux exportations des produits alimentaires auprès de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ils demandent que toute interdiction ou limitation soit notifiée auprès du gendarme des échanges commerciaux.

Les deux pays ont aussi agi parce que des restrictions aux exportations ont déjà été imposées par plusieurs pays, dont la Chine, l'Inde, le Vietnam et le Brésil. Autant dire que ces derniers ont froidement accueilli l'initiative helvético-nippone.