Le prix du baril a chuté de 40% depuis son pic historique de l'été. A la pompe, le consommateur continue de pleurer. Le litre de sans-plomb 95 coûte à peine 5% de moins, et reste à des niveaux historiquement élevés... Voilà pour la facture visible payée par le consommateur.

En réalité, hélas, il passe bien davantage à la caisse. Dans une étude qu'il vient de publier dans Energy Policy, Jérôme Kasparian rappelle que la moitié des achats totaux d'énergie ont lieu hors carburants ou combustibles. Un voyage en avion, la nourriture, ou le logement, consomment aussi du pétrole.

Le chercheur de l'Université de Genève a estimé, sur des données françaises, le coût total du pétrole brut dans le budget des ménages. Résultats: en 2006, il en représentait 4,4%. Depuis, il a grimpé à 8,4% (dernier pointage en mai 2008). En cause, le renchérissement de l'or noir.

Ce travail souligne en outre les différences entre les catégories de ménages. La facture est plus salée pour ceux qui habitent à la campagne parce qu'ils utilisent davantage leur voiture. A Paris, le pétrole pèse 7,7% du budget, contre presque 10% en milieu rural.

Les prévisions de l'agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), présentées mardi, ne consoleront guère les ménages. Elle s'attend à un baril à 112 dollars en moyenne, en 2008 et 2009, contre 72 dollars en 2007.