Depuis que les Bourses dépriment, les conseil-lers à la clientèle des banques ont un nouveau credo: achetez des fonds alternatifs. Petits ou gros épargnants sont logés à la même enseigne. Moins corrélés aux marchés boursiers, performance absolue supérieure aux actions, volatilité moindre: les arguments ne manquent pas. A l'heure où les commissions de courtage fondent en raison de la crainte des épargnants de revenir sur des marchés financiers qui ne font, peu ou prou, que baisser, ces gérants auraient tort de ne pas vanter les vertus d'instruments effectivement assez attractifs pour le client et lucratifs pour la banque. Pourtant, ces outils ne représentent pas non plus la martingale en matière financière.

S'ils sont moins corrélés aux marchés financiers, à terme les piètres performances boursières se ressentent aussi sur ces fonds. Les banques devront d'ailleurs sans doute revoir leurs objectifs de performance à la baisse si les marchés continuent à piquer du nez sur une longue période. Du début de l'année à fin juin, l'UBS (CH) Alternative Fund-Growth Programme par exemple a perdu 4,8% en dollars. Pendant cette même période, le fonds de fonds alternatif de l'UBP Dinvest, lui, progresse mais seulement de 1,59% en dollars. C'est toujours plus rémunérateur que d'investir sur les grands indices mondiaux, il est vrai, mais pas plus que de laisser son argent sur des money markets, moins chers et sans risques, voire même que de le laisser dormir sur un compte épargne.

Car un hedge fund coûte cher. Outre une commission de gestion annuelle, il faut ajouter une commission de performance: 10% des bénéfices si le niveau de performance est supérieur à 5% dans le cas de Dinvest, 15% pour le fonds UBS pris en exemple ci-dessus, et ce quelle que soit la performance (pour autant qu'elle soit positive, bien sûr). N'oublions pas non plus que, malgré les précautions prises par les banques, un accident peut toujours arriver. Sans aller jusqu'à la déconfiture du fonds LTCM qui fit tomber le patron d'UBS, Mathis Cabiallavetta, l'effet de levier employé par certains gérants, par exemple, peut être redoutable. Ce n'est pas pour rien que tout acheteur d'un fonds alternatif se voit contraint de signer un formulaire qui le met en garde contre les risques spécifiques liés à ce type d'investissement.