La perspective d'une exploitation du réseau électrique pour la transmission de données ou un accès Internet à débit rapide évoque encore pour certains la pierre philosophale. Au vu notamment du stade embryonnaire de l'application de cette technique sur le plan commercial. Un projet sur la mise au point duquel planchent pourtant plusieurs équipes dans le monde, notamment chez le bernois Ascom ainsi que chez les allemands Siemens et Online, filiale du géant de l'électricité E.On. Pour Ascom, les spéculations liées au projet PowerLine ont déjà contribué à propulser l'action à un niveau vertigineux de 270 francs au premier trimestre 2000. Pour voir entre-temps le titre retrouver des niveaux plus conformes à sa valeur réelle (119,25 francs vendredi). Or son projet PowerLine est en passe de récolter ses premiers fruits avec la conclusion d'un «important contrat-cadre avec un géant européen de l'électricité». Ce dernier devrait annoncer lui-même la nouvelle mardi selon le groupe bernois. Qu'il s'agisse du géant allemand RWE, ainsi que le prétend la Berner Zeitung de samedi ou d'un autre géant de l'électricité, ce contrat marquerait une véritable percée pour Ascom. Ce qui ajoute à l'importance de la nouvelle pour un groupe qui a manqué à ses promesses depuis de trop longues années. Même si Fred Rüssli, président du conseil d'Ascom, évoquait déjà l'an dernier un chiffre d'affaires de 100 millions de francs générés dès cette année par PowerLine, alors que Siemens admet son retard sur Ascom dans ce projet précis. Un retournement de bon augure pour Urs Fischer, l'ancien patron de l'opérateur de téléphonie Sunrise, responsable opérationnel du groupe bernois depuis le début du mois. Pour Ascom comme pour ses concurrents, ces belles perspectives pourraient toutefois être ternies sur le plan commercial par les craintes de perturbations électromagnétiques de ces nouveaux produits pour d'autres utilisateurs.